Sécurité : Macron promet plus de policiers sur le terrain et d’intensifier la lutte contre le trafic de drogue

DELINQUANCE Le président promet de tenir son objectif de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires et de faire de la lutte contre les trafics de drogue « la mère des batailles »

20 Minutes avec AFP

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Des policiers à Paris le 30 octobre 2020.
Des policiers à Paris le 30 octobre 2020. — Thibault Camus/AP/SIPA

A un an de la présidentielle, Emmanuel Macron parle «  sécurité ». Ce sujet régalien est érigé comme l’une des priorités de l’exécutif pour la fin du quinquennat alors qu’il reste identifié comme l’un des talons d’Achille du président, notamment face à la droite.

Alors qu’il s’apprête à effectuer ce lundi un déplacement à Montpellier sur ce thème, le chef de l’Etat promet dans un entretien au Figaro publié dimanche soir de tenir son objectif de 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires et de faire de la lutte contre les trafics de drogue « la mère des batailles ». « Chaque Français verra plus de bleu sur le terrain en 2022 qu’en 2017. […] Je me bats pour le droit à la vie paisible », explique-t-il.

Création d’une « école de guerre »

Emmanuel Macron rappelle que, depuis le début du quinquennat, « 4.508 policiers et 1.706 gendarmes ont déjà été recrutés ». « Nous aurons en complément, dès cette année, 2.000 policiers et gendarmes de plus » dont « l’essentiel » ira « directement sur la voie publique ». Le chef de l’Etat annonce aussi la création à Montpellier d’une « école de guerre avec de la formation continue » pour les policiers. Le président compte aussi beaucoup sur le déploiement des caméras piétons, dans le cadre de la loi Sécurité globale tout juste adoptée au Parlement : elles vont aider à « prévenir les dérapages » et « inhiber les gens violents ».

Il revient aussi, au cours de l’entretien, sur les « violences policières », expression qu’il avait utilisée en décembre mais pour la contredire aussitôt. Cette fois, il se veut extrêmement clair : « Il n’y a pas de violence systémique de la police, c’est faux ; il n’y a pas de racisme systémique de la police, c’est faux, pas plus qu’il n’y en a dans la gendarmerie ou au sein de l’État. » Mais il répète que le contrôle au faciès est une réalité. « Si dans tous les sondages, toutes les enquêtes de terrain, des jeunes vous disent qu’ils subissent des contrôles au faciès, leur dire : "Non, il n’y en a pas, c’est un sentiment que vous avez", c’est aussi insensé que d’aller expliquer à des gens : "vous avez peut-être un sentiment d’insécurité mais ce n’est pas une réalité". »

Un grand débat sur la drogue

Dans Le Figaro, le chef de l’Etat fustige en outre particulièrement les trafics de stupéfiants​ qui « forment la matrice économique de la violence ». « Les éradiquer par tous les moyens est devenu la mère des batailles, puisque la drogue innerve certains réseaux séparatistes mais aussi la délinquance du quotidien. »

Le gouvernement est donc, selon lui, en train de passer « à la vitesse supérieure ». « Sur les 4.000 points de deal répertoriés récemment, plus de 1.000 opérations coup de poing ont été réalisées ces dernières semaines. Et chaque jour, nous fermons un point de deal. » « La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou, lancer un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères », souhaite-t-il.