Présidentielle 2022 : La gauche se réunit samedi, sans enthousiasme ni grand espoir

DIALOGUE A un an de l’élection présidentielle, des dirigeants de gauche se rencontreront samedi à Paris pour discuter d’un éventuel rassemblement

Laure Cometti

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Le patron du PS Olivier Faure et l'eurodéputé EELV Yannick Jadot à Blois, le 29 août 2020.
Le patron du PS Olivier Faure et l'eurodéputé EELV Yannick Jadot à Blois, le 29 août 2020. — ISA HARSIN/SIPA
  • Une quinzaine de représentants de partis de gauche se réuniront samedi matin à Paris à l’invitation de l’eurodéputé EELV Yannick Jadot.
  • Mais l’union de la gauche semble complexe, et les différents partis peu convaincus que cette réunion débouche sur quelque chose de concret.
  • Les sondages indiquent que les candidats de gauche ou écologistes sont à la peine, accroissant la pression sur un camp politique morcelé.

Elle aurait pu ne jamais voir le jour. La grande réunion des leaders de gauche souhaitée par Yannick Jadot fin mars va pourtant se concrétiser ce samedi matin. A l’initiative de l’eurodéputé EELV, les têtes d’affiche de la gauche et de l’écologie vont s’asseoir à la même table pour discuter d’une union en vue de l’élection présidentielle. Après des polémiques qui ont morcelé ces courants politiques, les divergences idéologiques et les ambitions personnelles pèsent sur les espoirs de rassemblement, alors que des sondages indiquent que la gauche pourrait ne pas être présente au second tour du scrutin dans un an.

La gauche mal cotée pour 2022

D’autres enquêtes d’opinion plombent également la gauche, suggérant que ses candidats perdraient face à Marine Le Pen dans un hypothétique second tour face au Rassemblement national. « Si nous y allons divisés, nous n’avons aucune chance de gagner », avait estimé Yannick Jadot en lançant l’invitation. Elle a finalement été par le patron du PS Olivier Faure, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, Europe écologie-Les Verts, la France insoumise, le Parti communiste, Générations (le parti de Benoît Hamon), le député ex-LREM Mathieu Orphelin, le Parti radical de gauche, Cap 21, ou encore Place publique, la formation de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann.

Le maire de Grenoble Eric Piolle, et l’universitaire Sandrine Rousseau, candidats à la primaire des Verts et probables adversaires de Yannick Jadot (qui avait remporté la primaire écolo en 2016), sont aussi annoncés présents lors de cette réunion, qui aura lieu dans un hôtel du 19e arrondissement de Paris.

Réticences des Insoumis

Malgré cette longue liste d’invités, cette réunion ne devrait pas produire d’union miraculeuse. « Avoir un pacte de bonne entente, débattre de nos programmes, d’accord. Mais ne semons pas l’illusion qu’un candidat commun sera désigné ou qu’on va ressusciter la gauche plurielle », juge Eric Coquerel, qui représentera la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon, déjà déclaré candidat et actuellement le mieux coté à gauche dans les sondages présidentiels, sera absent, en déplacement en Amérique latine.

« Il ne faut pas faire croire qu’on va aboutir au forceps à l’élaboration d’un programme commun. Il y a trop de différences pour être unis au premier tour », poursuit le député de la Seine-Saint-Denis. « Mais chez EELV, il y a des gens plus proches de nous que d’Hidalgo, donc ça nous intéresse de venir discuter. »

Ambitions perso et divisions

Même dans la famille politique de Yannick Jadot, l’enthousiasme est plus que modéré. « Il ne faut pas trop attendre de cette réunion, car on dialogue déjà », avance Julien Bayou, secrétaire national d’EELV. « C’est aussi pour montrer qu’on est capable de se parler. » Pas question toutefois de déroger au calendrier prévu par le parti, dont la primaire aura lieu en juillet. « On peut arriver à créer une coalition et l’écologie peut en être la colonne vertébrale. La question de l’incarnation viendra après », estime le patron des Verts.

« Yannick est dans une démarche personnelle de promotion de sa candidature », a taclé auprès de l’AFP l’eurodéputé écologiste David Cormand, qui n’attend rien de la « mise en scène » de samedi. Pour l’insoumis Eric Coquerel, la réunion peut toutefois « servir à dire que même si on est concurrents, on n’est pas forcément adversaires, surtout en vue d’un second tour ». Mais pour l’heure, la qualification d’un candidat de gauche ou écolo semble loin d’être gagnée.