Coronavirus : Meetings en plein air, vaccination des assesseurs, vote sur plusieurs jours… Que propose l’opposition pour maintenir les régionales ?

ELECTIONS Les partis politiques ont envoyé leurs préconisations au Premier ministre jeudi, et un débat aura lieu au Parlement la semaine prochaine

T.L.G.

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Christian Jacob, le 27 octobre 2020 à Paris.
Christian Jacob, le 27 octobre 2020 à Paris. — Ludovic MARIN / AFP
  • Les élections régionales et départementales, initialement prévues en mars, pourraient finalement se tenir avant l’été.
  • Dans la foulée des recommandations du Conseil scientifique, le gouvernement a confirmé la semaine dernière qu’il privilégiait « à ce stade » le maintien du scrutin les 13 et 20 juin prochains.
  • Les oppositions ont envoyé leurs recommandations au Premier ministre afin de pouvoir maintenir les élections malgré l’épidémie de coronavirus.

Le scrutin sera-t-il maintenu malgré l’épidémie de coronavirus ? Initialement prévues en mars, les élections régionales et départementales pourraient finalement se tenir avant l’été. Dans la foulée des recommandations du Conseil scientifique, le gouvernement a confirmé la semaine dernière qu’il privilégiait « à ce stade » le maintien des élections les 13 et 20 juin. L’exécutif a demandé aux différents partis de donner leur avis sur cette question avant jeudi soir dernier, en amont de débats prévus à l'Assemblée nationale et au Sénat, les 13 et 14 avril. 20 Minutes revient sur les souhaits de l’opposition pour maintenir ces élections.

Sécuriser le vote : vaccination, bureau en extérieur, scrutin sur plusieurs jours

C’est la priorité pour l’ensemble des partis : sécuriser le vote pour permettre à un maximum de Français d’aller aux urnes. Les oppositions demandent la mise en place d'« un protocole sanitaire adapté » à la situation sanitaire, afin d’éviter l'abstention massive des dernières municipales. Plusieurs partis, dont Les Républicains, reprennent des recommandations du Conseil scientifique, comme « l’obligation de vaccination ou de détention d’un test négatif » pour les membres des bureaux de vote, ou la création d'« une file d’attente spécifique » pour les personnes vulnérables.

La France insoumise demande elle « la mise à disposition à l’entrée de chaque bureau de vote de masques FFP2 gratuits et l’installation de purificateurs d’air ou de système d’aération dans chaque bureau de vote ». Le Parti socialiste souhaite pour sa part « tenir des bureaux de vote en extérieur, sous réserve qu’ils soient clos et couverts », et « une plus grande amplitude horaire » afin d’espacer les votes, voire « un vote sur trois jours ».

Au Rassemblement national, Marine Le Pen espère « des grandes campagnes d’information sur les procurations, pour que les gens qui sont fragiles ou inquiets d’aller voter puissent le faire ».

Faciliter la campagne des candidats… avec des meetings en plein air ?

Alors que le scrutin pourrait se tenir d’ici à deux mois, le déroulement de la campagne interroge à l’heure où la France vit sous les mesures de restriction. A ce propos, les écologistes dénoncent « l’inéquité manifeste des moyens de faire campagne entre les élus sortants, [qui] peuvent avoir une attestation dérogatoire », et donc se déplacer, et les autres candidats. Ils demandent, comme la plupart des partis, que tous les membres d’une liste puissent se mouvoir sur le terrain électoral concerné. EELV estime par ailleurs « utile » de permettre aux candidats l’accès aux autotests, afin de protéger les personnes rencontrées lors de la campagne.

Si les meetings en intérieur ne semblent pas pouvoir se tenir dans les prochaines semaines, les insoumis espèrent pouvoir « organiser des rassemblements en plein air dans le respect des règles de distanciation sociale ». C’est le cas également des responsables LR, qui estiment que ces réunions pourraient se tenir « dans les mêmes règles que les associations, qui peuvent tenir des assemblées générales en présentiel ».

Sensibiliser au maximum les électeurs

Tous les partis évoquent également le besoin d’amplifier la communication autour des régionales, afin de sensibiliser les électeurs. « Les occasions de rencontres étant réduites, les réunions publiques proscrites, il apparaît nécessaire de permettre à nos concitoyens de disposer d’une information suffisante pour se prononcer », estime le PS. Les socialistes veulent que les candidats puissent envoyer des professions de foi plus longues qu’à l’accoutumée. Avec LR, ils réclament aussi « la mobilisation des moyens de l’audiovisuel public », afin que les candidats puissent faire la publicité de leurs propositions, notamment sur les chaînes régionales.

A ce titre, les insoumis, comme les écologistes, appellent à l’organisation « dans chaque région de trois débats entre toutes les têtes de liste sur le service public de l’audiovisuel », et la même chose pour les départementales. Le gouvernement devrait se prononcer sur l’ensemble de ces préconisations lors des échanges prévus au Parlement la semaine prochaine.