Loi « séparatisme » : Le Sénat serre la vis vis-à-vis des universités

PREMIERE LECTURE Le Sénat examine actuellement le projet de loi sur le « séparatisme » et continue de durcir considérablement le texte

20 Minutes avec AFP

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L'hémicycle du Sénat. (archives)
L'hémicycle du Sénat. (archives) — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le Sénat dominé par l’opposition de droite a introduit, mardi soir, dans le projet de loi sur le « séparatisme », examiné en première lecture, une série de mesures concernant l’université, visant notamment à interdire « les prières dans les couloirs ». Ces nouveaux articles ont été adoptés contre l’avis du ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et sous les vives protestations de la gauche. Les députés pourront les supprimer dans la suite de la navette parlementaire.

Les sénateurs ont ainsi souhaité interdire l’exercice du culte dans l’ensemble de l’enceinte des établissements publics d’enseignement supérieur, en excluant les aumôneries. « Nous ne pensons pas que la laïcité doive conduire nécessairement à écarter de l’espace public toute forme d’expression religieuse (…) et c’est un sénateur athée qui vous le dit », a réagi Pierre Ouzoulias (CRCE à majorité communiste). « On vise les prières dans les lieux inappropriés », comme « les couloirs des universités », « pas autre chose », a précisé le rapporteur LR Stéphane Piednoir.

Pas d’interdiction du voile à l’université

Les sénateurs ont également interdit les « actions de prosélytisme ou de propagande de nature à perturber les activités d’enseignement et de recherche ». « Ils ne sont pas à l’université, les djihadistes (…). Nous voulons des universités libres », s’est emportée l’écologiste Esther Benbassa. L’université « est structurellement un lieu où on débat », a fait valoir le socialiste Jean-Pierre Sueur. « La controverse ce n’est pas l’entrave, ce n’est pas la pression, ce n’est pas des menaces », a rétorqué Max Brisson (LR), citant des exemples récents de conférences empêchées de se tenir.

A encore été adoptée une disposition prévoyant qu’une association ne puisse bénéficier d’une mise à disposition de locaux si elle n’a pas signé le contrat d’engagement républicain. Le Sénat a enfin voté un amendement de Max Brisson visant à interdire les listes communautaires aux élections étudiantes. « On est en train de jeter l’opprobre sur tout ce qui se passe à l’université, ce qui s’est passé et ce qui se passera demain », a déploré Cécile Cukierman (CRCE), tandis que Sylvie Robert (PS) dénonçait « une forme de surenchère politique qui devient préoccupante parce que ça rate ça cible ».

Le Sénat n’a en revanche pas adopté un amendement porté par Jérôme Bascher (LR) visant à interdire le port du voile, ou tout signe « ostentatoire ou prosélyte », à l’université. Un amendement qui a « fait froid dans le dos » du centriste Loïc Hervé et auquel se sont opposés aussi bien Jean-Michel Blanquer que Stéphane Piednoir. Pour le rapporteur, « la situation n’est pas comparable » à celle de l’école, notamment parce que les étudiants « sont de jeunes adultes ». Le Sénat poursuivra ce mercredi l’examen du projet de loi sur le « respect des principes de la République ».