Présidentielle 2022: Les oreilles de Xavier Bertrand sifflent depuis l'annonce de sa candidature

RESEAUX SOCIAUX A peine avait-il annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2022, Xavier Bertrand a été largement malmené sur les réseaux sociaux

Mikaël Libert

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Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille.
Xavier Bertrand et Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, à Lille. — M.Libert / 20 Minutes
  • Mercredi, Xavier Bertrand a annoncé officiellement sa candidature à la présidentielle de 2022.
  • Il est aussi candidat à sa propre succession à la présidence de la région des Hauts-de-France.
  • Une double candidature qui ne passe pas auprès de ses adversaires aux régionales mais aussi auprès de nombreux internautes.

Mercredi, l’actuel président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), a annoncé officiellement à nos confrères du Point qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2022. Une nouvelle qui n’a fait tomber personne de sa chaise, l’intéressé n’ayant jamais caché ses ambitions élyséennes. Sauf que cette annonce précoce vaut à Xavier Bertrand de se faire tailler sévèrement sur Twitter, essentiellement parce qu’on l’accuse de transformer l’élection régionale en simple tremplin vers un hypothétique destin national.

Le patron des Hauts-de-France est désormais officiellement candidat sur deux tableaux : sa propre succession à la tête de la région et la présidentielle. Un revirement de l’intéressé qui avait pourtant conditionné la deuxième à un succès dans la première. « Comment un électeur ayant la tête sur les épaules peut voter pour un candidat à la présidence de sa région sachant qu’au même moment il se porte aussi candidat à la présidence de la République ? », résume Olivier sur Twitter.

Les régionales ne sont « pas un marchepied »

Lui aussi candidat aux régionales en Hauts-de-France, le secrétaire d’État chargé des Retraites, Laurent Pietraszewski (Lrem), ne mâche pas ses mots : « Notre région n’est pas un marchepied. Elle a besoin d’un président à temps plein. La France ou les Hauts-de-France, il faut choisir ! », lance-t-il. Sur ce point, LREM et LFI sont au moins d’accord, le député insoumis du Nord, Adrien Quattenens, ayant utilisé la même expression de «marchepied».

A l’extrême droite, le candidat Rassemblement national (RN) et député, Sébastien Chenu, se frotte les mains en espérant voir disparaître un adversaire de taille : « Son résultat en matière d’emploi, de sécurité ou social n’est pas brillant. Alors s’il souhaite aller voir ailleurs pour 2022, nous allons l’aider ! », écrit-il sur Twitter.

La candidate de la gauche réunie (Verts, insoumis, communistes et socialistes), Karima Delli, y voit aussi un désintérêt de Xavier Bertrand pour la région : « La vie des gens des Hauts-de-France, leurs problèmes, tout ça vaut moins que son obsession à vouloir devenir, quoi qu’il en coûte, président de la République », estime-t-elle.

Opération déminage pour Emmanuel Macron ?

Au moins, ses adversaires directs pour l’élection régionale ne remettent pas en doute la volonté de Xavier Bertrand à accéder à la présidence de la République. Ce n’est pas le cas de beaucoup, beaucoup d’internautes anonymes. Nombreux sont en effet les twittos à soupçonner Xavier Bertand de « déminer le terrain » de la présidentielle pour Emmanuel Macron. « Candidat à la présidentielle ou candidat au poste de 1er ministre ? », s'interroge Benoît. « Xavier Bertrand à la manœuvre pour optimiser les chances de son idole Emmanuel Macron en 2022, par la division de la droite », avance Nicolas. Et dans cette veine, il y en a des dizaines.

Des internautes qui le soutiennent, il y en a aussi. « Tout le dynamisme et le sérieux de la courageuse Région du Nord au service de tous les Français », s'enthousiasme Langhendries. « Si Xavier Bertrand pouvait appliquer sa politique régionale au niveau national, croyez-moi vous seriez tous contents », ajoute Resko62. « Je suis convaincu que vous ferez un excellent président. Je suis également persuadé que vous saurez redresser et mettre de l’ordre dans la maison France », renchérit ZagationF. Bref, il y a du pour, du contre. La seule chose que l’on peut affirmer, c’est que ce n’est pas Twitter qui élit un président, ni des Hauts-de-France, ni de la République.