Toulouse: Un groupuscule d'extrême droite tente de forcer l'entrée du conseil régional d'Occitanie

POLITIQUE La banderole déployée se réclame de l’Action française et s’en prend aux « islamo-gauchistes »

H.M. avec AFP

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La banderole déployé ce jeudi à l'Hôtel de région de Toulouse.
La banderole déployé ce jeudi à l'Hôtel de région de Toulouse. — K. Chibli - Twitter
  • Des militants de l’Action française ont participé ce jeudi à une violente intrusion dans l’hôtel de région de Toulouse.
  • Carole Delga (PS), la présidente de la région Occitanie, va porter plainte.
  • De nombreuses personnalités politiques, au premier rang desquelles Emmanuel Macron, ont condamné cette action du groupuscule d’extrême droite.

Des cris, de l’agitation, des agents de sécurité qui dévalent en courant les escaliers de l’hémicycle. L’assemblée plénière du conseil régional d'Occitanie a été brusquement interrompue en tout début d’après-midi par une tentative d’intrusion dans l’hémicycle de Toulouse de militants appartenant, si l’on se fie à la banderole qu’ils ont apportée, au groupuscule d’ extrême droite Action française.

Selon un tweet de l’élu socialiste Kamel Chibli, les intrus auraient été au nombre de huit. « Le service de sécurité de la région a réagi très rapidement, avec calme et sang-froid (…) Aucun agent ou élu régional n’a été blessé durant cet incident qui a duré quelques minutes », indique le conseil régional. La police a été prévenue, mais on ne sait pas à ce stade si des interpellations ont eu lieu.

Emmanuel Macron condamne

« Islamo-gauchistes, traîtres à la France », indique la banderole qui n’a pas pu être déployée jusque dans l’hémicycle. « Je condamne fermement cette action violente de la part de ces militants d’extrême droite (…), a réagi Carole Delga, la présidente socialiste d’Occitanie, qui a posté une vidéo de l’incident. Je vais porter plainte pour que cela ne se renouvelle plus, poursuit-elle. Face à l’extrême droite, je le répète : je ne lâcherai rien et ne céderai à aucune pression, d’où qu’elle vienne. »

Emmanuel Macron en personne a condamné cette irruption, qui montre selon lui « le vrai visage de l’extrême droite » et sa « volonté de bâillonner la démocratie ». « En envahissant le conseil régional d’Occitanie, l’extrême droite a une nouvelle fois montré son vrai visage : action violente, volonté de bâillonner la démocratie et de diviser les Français », a ajouté le président de la République dans une déclaration transmise à l’AFP par l’Elysée.

Mais l’incident a aussi attiré les critiques de la gauche sur la Macronie : « Que cette intrusion violente puisse déciller les yeux des pyromanes Darmanin et consorts : vous nourrissez la violence, vous fracturez le pays », juge Julien Bayou, le patron d’EELV, rejoignant les reproches de Jean-Luc Mélenchon ou de la députée insoumise Clémentine Autain.

Plus près, Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse, assure de sa solidarité la représentation régionale. « Cette intrusion est inadmissible. Je condamne fermement les agissements de ces extrémistes », twitte-t-il. « Ces méthodes n’ont pas leur place en République et en démocratie », s’indigne de son côté Georges Méric (PS), le président du conseil départemental de la Haute-Garonne.