Présidentielle 2022 : « Il y aura des tentatives d’ingérence » de la Turquie dans l’élection, selon Emmanuel Macron

SCRUTIN « Je ne veux pas réengager une relation apaisée si il y a derrière de telles manœuvres qui se poursuivent », a déclaré le président français

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron : "Il y aura des tentatives d'ingérence" de la Turquie dans l'élection présidentielle (Illustration)
Emmanuel Macron : "Il y aura des tentatives d'ingérence" de la Turquie dans l'élection présidentielle (Illustration) — Jacques Witt/SIPA

Le président de la République Emmanuel Macron a mis en garde mardi contre « les tentatives d’ingérence » de la Turquie dans la prochaine élection présidentielle française de 2022, sans pour autant fermer la porte à une amélioration des relations avec Ankara, exécrables depuis plus d’un an.

« Evidemment. Il y aura des tentatives d’ingérence pour la prochaine élection. C’est écrit, et les menaces ne sont pas voilées », a déclaré Emmanuel Macron, interrogé dans le cadre d’un documentaire de l’émission Cdans l'Air de la chaîne de télévision France 5 sur le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ingérence lors de l’élection allemande

Evoquant la brûlante controverse sur la question religieuse, déclenchée après son discours à l’automne sur « le séparatisme islamiste », le président de la République a fustigé « une politique de mensonges d’Etat relayés par les organes de presse contrôlés par l’Etat turc », ainsi que « par certaines grandes chaînes contrôlées par le Qatar ».

Erdogan a déjà été accusé d’ingérence électorale, notamment en Allemagne, quand il avait demandé aux électeurs germano-turcs de voter contre le parti d’Angela Merkel en 2017. « Il faut qu’on soit très lucide », a poursuivi Emmanuel Macron, dont les relations avec son homologue turc ont été extrêmement tendues avant un début de dégel il y a quelques mois.

Pas d'« animosité à l’égard de la Turquie »

« J’ai noté depuis le début de l’année une volonté d’Erdogan de se réengager dans la relation. Je veux croire que c’est possible », a déclaré le président français, se défendant de toute « animosité à l’égard de la Turquie ».

« Mais je pense qu’on ne peut pas réengager (une relation) quand il y a des ambiguïtés. Je ne veux pas réengager une relation apaisée si il y a derrière de telles manœuvres qui se poursuivent », a-t-il dit.

Les relations bilatérales se sont dégradées avec l’offensive turque en octobre 2019 contre les forces kurdes en Syrie, alliées des Occidentaux. L’interventionnisme turc en Libye, en Méditerranée orientale (où un incident a opposé des bâtiments turc et français en juin 2020) et la politique française contre l’extrémisme islamique ont ensuite creusé les antagonismes entre Paris et Ankara.