Coronavirus : La responsabilité d’AstraZeneca « engagée », estime la ministre Agnès Pannier-Runacher

VACCINATION Le laboratoire a concédé ce week-end une livraison de doses plus faible que prévu

20 Minutes avec AFP
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La ministre Agnès Pannier-Runacher.
La ministre Agnès Pannier-Runacher. — J.M. HAEDRICH/SIPA

Le ton montre entre le gouvernement français et le laboratoire AstraZeneca. Interviewée ce dimanche par la station Radio J, la ministre chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher s’est dite « très en colère » et a estimé que la responsabilité du fabricant était « engagée », après avoir annoncé qu’il ne serait pas en mesure de livrer les doses de vaccin promises.

Le laboratoire anglo-suédois « ne respecte pas ses livraisons parce qu’il a des difficultés d’industrialisation, ce qu’on peut entendre. Là où nous sommes très mal à l’aise et très en colère, c’est qu’il n’arrive pas à améliorer son calendrier de livraison », a remarqué Agnès Pannier-Runacher.

Seulement 25 % des doses livrées

La ministre a relevé que les concurrents Moderna et Pfizer-BioNTech avaient « tenu leurs engagements » et avaient été « parfaitement transparents ». Concernant AstraZeneca, qui a concédé samedi qu’il devrait livrer moins de vaccins que promis à l’Union européenne, « nous aurons seulement 25 % des doses livrées » à la fin du premier trimestre, a souligné Agnès Pannier-Runacher.

« Lorsque vous vous engagez à livrer une certaine quantité […] c’est votre responsabilité qui est engagée. Celle des dirigeants, celle du conseil d’administration, celle de l’entreprise », a-t-elle insisté. Soit le laboratoire a exagéré « sa capacité industrielle, soit AstraZeneca a livré des doses là où elles n’auraient pas dû être livrées, mais en tout état de cause, à la fin l’enjeu de l’Europe est de faire respecter ce contrat et de demander un plan d’action correctif dans les plus brefs délais », a poursuivi la ministre.

Un objectif de vaccination conservé

Les objectifs de vaccination du gouvernement français restent valides, d’autres vaccins venant compenser le déficit de doses d’AstraZeneca : il vise toujours « 10 millions de personnes vaccinées une ou deux fois le 15 avril, 20 millions en mai et 30 millions fin juin », et l’ensemble des Français volontaires vaccinés d’ici à la fin de l’été, selon Agnès Pannier-Runacher.

Elle a indiqué que des pays européens voulaient « ouvrir un dialogue » avec les Etats-Unis au sujet des 30 millions de doses de vaccin AstraZeneca présents sur son sol alors que le produit n’a pas encore été approuvé par les autorités américaines.

« L’Europe est dépendante des Etats-Unis pour certains éléments, mais les Etats-Unis sont dépendants de l’Europe pour la production de leurs vaccins », notamment les principes actifs, a relevé la ministre : « Nous aurons matière à trouver des accords qui soient des accords intelligents » pour vacciner le plus rapidement possible des deux côtés de l’Atlantique, selon elle.