Débat public : Pour le maire PS de Montpellier, la gauche doit s’emparer de la sécurité et de la laïcité

CONSEILS Pour Michaël Delafosse, si la gauche ne prend pas le leadership sur ces thèmes elle pourrait « mourir de [ses] lâchetés »

20 Minutes avec AFP

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Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, le 9 décembre 2020.
Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, le 9 décembre 2020. — Alain ROBERT/SIPA

Michaël Delafosse pense avoir la recette pour faire renouer son camp avec le succès. Selon le maire PS de Montpellier, la gauche « doit s’emparer » des sujets de la sécurité et de la laïcité. Elle évitera ainsi d’offrir « un boulevard au populisme d’extrême droite », explique-t-il dans un entretien au Journal du Dimanche.

« Moi, j’ai fait campagne sur les thèmes de la laïcité et de la sécurité », souligne cette valeur montante du Parti socialiste, élu maire en juin à l’âge de 43 ans. L’élu insiste sur la sécurité, parce qu’elle est « un droit et parce que ceux que nous aspirons à défendre, les classes moyennes et populaires, sont les premières victimes de l’insécurité ».

Quant à la laïcité, elle doit « être affirmée clairement » préconise Michaël Delafosse. Car il n’est « pas absurde que l’argent public soit géré dans le respect des principes qui fondent notre société », affirme celui qui a refusé la présence d’une femme voilée sur sa liste aux municipales et le rachat d’une mosquée de Montpellier par « le royaume du Maroc ». Il estime surtout qu’en faisant « l’autruche », « la gauche peut mourir de ces lâchetés ». « Il existe des élus, une minorité, qui préfèrent flatter le communautarisme. Quand on utilise le terme d'"islamophobie", on donne raison à ceux qui affirment qu’on ne peut critiquer une religion, en l’occurrence l’islam », assène le jeune maire.

Un possible soutien à Anne Hidalgo pour 2022

Dans l’optique de la présidentielle de 2022, Michaël Delafosse affirme que, pour se rassembler, la gauche n’est pas obligée « d’être d’accord sur tous les points, même s’il faut un socle essentiel : laïcité, sécurité, écologie ». Opposé à une primaire, « machine à perdre », il se montre enthousiaste au sujet d’une possible candidature de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, qui est selon lui « aujourd’hui la voix qui compte à gauche ». « Si elle choisit d’aller plus loin, nous serons beaucoup à dire : on y va ! », dit le maire de Montpellier qui assure que « personne n’a envie que la présidentielle se résume » à un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.