Affaire des écoutes : François Hollande « n’accepte pas les attaques répétées contre la justice »

REACTION Après la condamnation de Nicolas Sarkozy, la droite a concentré ses attaques sur le Parquet national financier

20 Minutes avec AFP

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François Hollande « n’accepte pas les attaques répétées contre la justice » (Archives)
François Hollande « n’accepte pas les attaques répétées contre la justice » (Archives) — Olivier Juszczak/20 Minutes

S’il « mesure ce que représente » cette décision pour Nicolas Sarkozy, condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis dans l’affaire dite « des écoutes de Paul Bismuth », François Hollande dit ce samedi dans un entretien au Parisien ne pas accepter « les attaques répétées contre la justice ».

« Je mesure ce que représente pour Nicolas Sarkozy cette condamnation à la fois sur le plan humain et sur le plan politique. C’est aussi une question d’honneur compte tenu des fonctions qu’il a exercées », affirme l’ancien chef de l’Etat.

Des attaques contre le Parquet national financier

« En revanche ce que je n’accepte pas, ce sont les attaques répétées contre la justice et son indépendance, avec des magistrats qui sont nommément pointés du doigt », ajoute François Hollande, déplorant que le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti n’ait pas défendu « immédiatement l’institution judiciaire ».

Alors que la droite a concentré ses attaques sur le Parquet national financier (PNF), qu’elle accuse d’avoir joué un rôle politique dans le procès, l’ancien dirigeant socialiste rappelle que le jugement a été rendu « par un tribunal indépendant après une enquête menée par le PNF, puis une instruction confiée à d’autres magistrats ».

« Enfin les magistrats du PNF n’ont pas été choisis par moi, pas plus que par mon successeur. Ils l’ont été sur proposition du Garde des Sceaux après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature », insiste François Hollande, qui a créé le PNF en 2013 après l’affaire Cahuzac.

« Prétendre que le PNF agirait à des fins partisanes, c’est porter atteinte à l’impartialité de 18 magistrats qui travaillent en toute indépendance pour l’intérêt général », poursuit l’ex-chef de l’Etat.

« Le temps où les politiques étaient intouchables est révolu »

« A ceux qui comme Mme Le Pen ou M. Mélenchon se plaignent qu’il y aurait un gouvernement des juges, je dis que le temps où les politiques étaient intouchables est révolu », ajoute-t-il encore.

A propos du « soutien personnel » apporté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy, François Hollande considère qu'« en ces circonstances », cela « ne (le) heurte pas ».