Le groupe d’extrême droite Génération identitaire dissous en Conseil des ministres

EXTREME DROITE C’est le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui l’a annoncé

R. G.-V. avec AFP

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Lors d'une manifestation de Génération identitaire, il y a quelques jours à Paris.
Lors d'une manifestation de Génération identitaire, il y a quelques jours à Paris. — Olivier Coret/SIPA

Le groupe d’extrême droite Génération identitaire (GI) a été dissous ce mercredi en Conseil des ministres, a annoncé dans un tweet le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en affirmant que cette association « incite à la discrimination, à la haine et à la violence ».

« Cette association et certains de ses militants doivent être regardés comme tenant un discours de haine incitant à la discrimination ou à la violence envers des individus en raison de leur origine, de leur race et de leur religion » et, « par sa forme et son organisation militaires », GI « peut être regardée comme présentant le caractère d’une milice privée », justifie Gérald Darmanin dans le décret de dissolution.

Une procédure lancée mi-février

La procédure avait été lancée mi-février par le ministre avec l’envoi à l’association d’un argumentaire auquel GI avait jusqu’au 24 février pour répondre. Le décret de dissolution fait également état des « liens avec des groupuscules d’ultradroite dont Génération identitaire reçoit un soutien logistique et qui défendent une idéologie appelant à la discrimination, à la violence ou à la haine au nom de théories racialistes ou suprémacistes ».

Il y est encore noté que l’association a reçu des dons de Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat de Christchurch (Nouvelle-Zélande) qui a fait 51 morts en mars 2019. Lors de son audition, en avril 2019, par la commission d’enquête parlementaire sur les groupuscules d’extrême droite, l’ancien directeur de Tracfin Bruno Dalles avait affirmé que Brendon Tarrant était « membre bienfaiteur » de GI.

La dissolution de Génération identitaire intervient alors que le ministère de l’Intérieur a, ces derniers mois, obtenu celle de trois associations décrites comme proches de la « mouvance islamiste » (CCIF, BarakaCity, et le collectif Cheikh Yassine) dans le sillage de l’assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, et de celle du groupe ultranationaliste turc des « Loups gris ».