Présidentielle 2022 : L’amendement du gouvernement sur le vote par anticipation recalé par le Sénat

SCRUTIN L'amendement a été glissé au dernier moment dans un projet de loi organique technique

G. N. avec AFP

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Marlène Schiappa a défendu en vain l'amendement gouvernemental face aux sénateurs.
Marlène Schiappa a défendu en vain l'amendement gouvernemental face aux sénateurs. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Fin de partie au Sénat pour le vote par anticipation à la présidentielle de 2022. La chambre haute dominée par l’opposition de droite a rejeté très largement jeudi l’amendement polémique du gouvernement, défendu par Marlène Schiappa comme « un dispositif très innovant ». Cet amendement, présenté au dernier moment dans le cadre d’un projet de loi organique technique, a été retoqué par 321 voix contre et 23 pour (le groupe RDPI à majorité En Marche).

Il prévoyait que les électeurs puissent demander à voter de manière anticipée sur des machines à voter, durant la semaine précédant le scrutin, dans des bureaux et à une date qui restaient à définir par décret. La ministre déléguée à la Citoyenneté a défendu un « dispositif pour simplifier et renforcer la participation ». Sur la méthode, « votre étonnement et votre colère sont légitimes », a-t-elle affirmé à l’attention des sénateurs, réfutant toute volonté de « passage en force » et tout procès en « ringardise ».

« Notre volonté c’était à la fois de répondre à l’engagement du programme du président de la République sur la numérisation et la modernisation de la démocratie, de répondre à la volonté d’un certain nombre de parlementaires de moderniser, numériser le vote », a-t-elle développé.

« Tripatouillage »

Avant le vote, le sénateur LR Philippe Bas a une nouvelle fois demandé « solennellement » le retrait de l’amendement qui, selon lui, fait « un procès d’intention » aux Français, en supposant qu’ils préféreraient partir en week-end que d’aller voter. « Quand on change les règles du jeu, il faut obtenir un consensus de l’ensemble de la classe politique, ce qui n’est pas le cas en l’espèce », a pour sa part souligné le rapporteur Stéphane Le Rudulier (LR).

« Tripatouillage », « bricolage » : les sénateurs de tous bords ont de nouveau critiqué la méthode et énuméré une série de questions pratiques : combien de machines à voter ? Qui va les payer ? Qui en sera responsable ? Quelle date pour le scrutin anticipé ? Quid des législatives ?….

«Quelles sont les intentions réelles du gouvernement ? », a aussi feint de s’interroger Eric Kerrouche (PS), pour qui « l’intention, c’est un piège grossier pour le Sénat ». Pour Guy Benarroche (groupe écologiste), l’amendement n’est pas « une improvisation hasardeuse, mais s’inscrit dans une stratégie réfléchie du président de la République pour la présidentielle ».