Après avoir souligné sa « mollesse », Gérald Darmanin qualifie Marine Le Pen d'« ennemie de la République »

RETROPEDALAGE Jeudi dernier, lors de leur débat télévisé, Gérald Darmanin avait souligné la « mollesse » de la présidente du RN et candidate à l’Elysée

Manon Aublanc

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Lors de l'émission Vous avec la parole avec Marine Le Pen et Gérald Darmanin.
Lors de l'émission Vous avec la parole avec Marine Le Pen et Gérald Darmanin. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Pas de rétropédalage selon son entourage, mais ça sonne tout comme. Après avoir souligné la « mollesse » de Marine Le Pen, la semaine dernière, Gérald Darmanin a qualifié, ce mardi, la présidente du RN d'« ennemie de la République ». « C’est vrai qu’elle n’est pas gentille, c’est vrai que c’est une ennemie de la République », a déclaré le ministre de l’Intérieur au micro de RTL.

« L’argument moral contre le Front national ne suffit pas »

Jeudi dernier, lors de leur débat télévisé dans l’émission « Vous avez la parole » sur France 2, Gérald Darmanin a accusé à plusieurs reprises la présidente du RN et candidate à l’Elysée de « mollesse », contre l’islamisme notamment. « Madame Le Pen, dans sa stratégie de dédiabolisation, en vient quasiment à être dans la mollesse je trouve… Il vous faut prendre des vitamines, je ne vous trouve pas assez dure là », avait-il dit. Des propos qui n’avaient pas fait l’unanimité et qui avaient mis la majorité dans l’embarras. Plusieurs élus LREM avaient même tenté de rattraper le coup, comme le député européen et conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stéphane Séjourné : « Je n’aurais pas utilisé ce terme », avait-il expliqué dimanche lors de l’émission Le Grand rendez-vous d’Europe 1, CNews et Les Échos, ajoutant que le ministre avait « voulu dire » qu’elle était « floue ».

Ce mardi matin sur RTL, le ministre s’est défendu : « J’ai toujours débattu, je ne la banalise pas. Je montre qu’elle n’est pas bonne, qu’elle ne connaît pas ses chiffres, qu’elle ne connaît pas ses dossiers. » Pour le ministre de l’Intérieur, appeler à faire bloc contre le Rassemblement national n’est plus suffisant : « Ce qui est sûr, c’est que l’argument moral contre le Front national ne suffit pas. Des millions de gens votent pour Marine Le Pen, elle est au second tour de la présidentielle comme son père la première fois que j’ai voté, ça fait désormais vingt ans. Qu’est-ce qu’on va dire ? Simplement que Marine Le Pen n’est pas gentille ? ».