« Vous avez la parole » : Le Pen « molle ? » Des élus LREM prennent leurs distances avec les propos de Darmanin

EXTREME DROITE Jeudi soir, lors de l’émission « Vous avez la parole » sur France 2, le ministre de l’Intérieur s’est demandé si la présidente du RN n’était pas « molle » au sujet du séparatisme

20 Minutes avec AFP

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Lors de l'émission 'Vous avec la parole' avec Marine Le Pen et Gérald Darmanin.
Lors de l'émission 'Vous avec la parole' avec Marine Le Pen et Gérald Darmanin. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L’eurodéputé LREM Stéphane Séjourné a expliqué ce dimanche qu’il n’aurait pas qualifié Marine Le Pen de « molle », comme l’a fait Gérald Darmanin cette semaine, tandis que le délégué général du parti présidentiel Stanislas Guerini a tenté de justifier le terme. Lors de leur débat télévisé jeudi soir, le ministre de l’Intérieur a accusé à plusieurs reprises la présidente du RN et candidate à l’Elysée de « mollesse », contre l’islamisme notamment.

Stéphane Séjourné, un proche d’Emmanuel Macron et ancien socialiste, a expliqué à Europe 1-Les Echos-Cnews que Gérald Darmanin a « voulu dire » qu’elle était « floue ». « On a vu Marine Le Pen assez fidèle à elle-même » et « ce que dit Gérald Darmanin en creux, c’est qu’elle n’a pas beaucoup évolué », a-t-il appuyé. « Elle était molle parce qu’elle était floue », a aussi dit Stanislas Guerini, autre ex-PS, à France Info. « Gérald Darmanin a permis de démasquer Marine Le Pen », qui « n’a absolument pas changé depuis 2017 » d’après lui.

Le Pen, premier adversaire de LREM

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait estimé vendredi sur Europe 1 qu’elle avait « peut-être » cherché à « faire croire » qu’elle était « molle », mais qu’en fait « elle ment, elle est floue », et « c’est ça qui la rend particulièrement dangereuse pour notre pays ». La lutte contre le Rassemblement national est « le combat depuis le premier jour que nous menons », a insisté Stanislas Guerini ce dimanche.

Dans un entretien au Parisien, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner fait d’elle le premier adversaire, avec l’objectif « qu’elle ne soit pas première au premier tour de la présidentielle », et admet : « C’est vrai que l’on n’a pas toujours su rassurer face aux inquiétudes de la mondialisation », sans compter la crise sanitaire, tandis que « Marine Le Pen, elle, surfe sur toutes les angoisses, quelles qu’elles soient, sans rien proposer ».

Pas une « connivence »

Appelant droite et gauche à « participer à la bataille politique contre le Front national » devenu RN, Stéphane Séjourné a déploré qu’actuellement « personne ne s’attaque à Marine Le Pen dans les oppositions », y voyant « une forme de cynisme ». « Tout le monde pense qu’il faut décrocher Emmanuel Macron d’un 2e tour s’il se représentait, pour prendre sa place », et ainsi « tout le monde joue le deuxième tour face à Marine Le Pen », a-t-il analysé, en jugeant que « la bonne hygiène politique serait que les gens qui perdent les élections se retirent et laissent la place à une nouvelle génération ».

« N’interprétez pas le mot de Darmanin comme une connivence » avec Marine Le Pen, a de son côté défendu Christophe Castaner sur France Inter-franceinfo-Le Monde, disant ne pas croire « une seconde que Gérald Darmanin partage les convictions » de la présidente du RN.