Présidentielle 2022 : Le PS contraint de faire des économies pour mener la prochaine campagne

AUSTERITE Depuis 2017, le PS a dû réduire drastiquement son train de vie, de nouvelles suppressions de postes doivent avoir lieu

20 Minutes avec AFP
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Le patron du PS, au siège d'Ivry, Olivier Faure. (archives)
Le patron du PS, au siège d'Ivry, Olivier Faure. (archives) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Affaibli par ses défaites de 2017 qui ont asséché ses finances, divisé par dix le nombre de ses parlementaires et fait fuir ses adhérents, le Parti socialiste se retrouve contraint, pour sa campagne de 2022, à un plan d’économies drastique, suscitant la fronde de salariés en passe d’être licenciés. Il y a quelques jours, plusieurs rédactions ont reçu un courrier au vitriol, simplement signé « des salariés du PS » et intitulé « Plan social au PS : bienvenue dans le monde merveilleux du néolibéralisme ». En cause : les 21 suppressions de postes prévues par la direction du parti pour remettre ses finances à flot.

Mais « où ont bien pu passer les "millions d’euros de côté" hérités de la vente de Solférino ? », l’ancien siège des socialistes rue de Solférino à Paris, vendu en 2017, se demandent les signataires. Ils reprochent à la direction du parti son « manque d’humanité » pour avoir annoncé les licenciements « en pleine crise sanitaire » et ses « méthodes managériales qui n’ont rien à envier à celles employées jadis à France Télécom », l’entreprise devenue symbole de la souffrance au travail, après une série de suicides en 2008 et 2009.

La direction parle de diffamation

« Les accusations portées par cette lettre sont aussi graves que diffamatoires », rétorque la direction qui dénonce une « cabale ». « Si ces accusations calomnieuses devaient se poursuivre, nous nous réservons la possibilité de saisir la justice. » Si le désarroi de salariés en passe de perdre leur emploi est réel, les difficultés dans lesquelles se débat le PS, plus de trois ans après ses sévères défaites à la présidentielle et aux législatives de 2017, sont elles aussi bien réelles. D’où des suppressions d’emplois permanentes « malheureusement inévitables » explique Corinne Narassiguin, numéro deux du PS.

Parallèlement à la suppression des 21 postes de travail, neuf nouveaux postes, en rapport avec les nouvelles technologies, vont être créés, auxquels pourront postuler les titulaires des postes supprimés, selon la direction. Après la victoire de François Hollande en 2012, le PS​, avec à l’époque quelque 300 parlementaires (Assemblée, Sénat et Parlement européen), touchait une dotation publique de plus de 24 millions d’euros par an. Il pouvait également compter sur les cotisations d’environ 80.000 adhérents.

La dotation du PS a fondu

2017 a complètement changé la donne. Sa trentaine de parlementaires ne lui rapporte plus que… 5,9 millions d’euros. Il n’y a plus que 30.000 à 40.000 adhérents et le congrès – époque à laquelle ces derniers se mettent à jour de cotisation – a été reporté, peut-être à l’automne si la crise sanitaire le permet. Pour faire face, la précédente direction s’était résolue à vendre le siège parisien pour la somme de 45,5 millions d’euros. Laquelle somme a servi à rembourser le prêt hypothécaire de 20 millions contracté pour la présidentielle de 2017, financer le « plan de sauvegarde de l’emploi » suivant (4,9 millions), rembourser un découvert bancaire de 6,3 millions, acheter et aménager les nouveaux locaux à Ivry-sur-Seine (9 millions environ).

« Voilà où est passé l’argent », argue la nouvelle direction. « Il n’y a pas de "magot". On n’a rien à cacher ! » La direction doit s’expliquer lors d’une réunion prévue « la semaine prochaine » à Ivry, autour de la trésorière Pernelle Richardot.