Valneva : La France doit défendre sa « souveraineté » sanitaire, exhortent des politiques

CORONAVIRUS Valneva, une start-up franco autrichienne basée à Nantes, va fournir un vaccin contre le covid-19 au Royaume-Uni

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration de doses de vaccin de Valneva
Illustration de doses de vaccin de Valneva — JUSTIN TALLIS / AFP

Face au cas de la biotech franco-autrichienne Valneva, qui va fournir des vaccins anti-Covid au Royaume-Uni, la France doit mettre les bouchées doubles pour défendre sa « souveraineté » en matière sanitaire, exhortent des responsables politiques de tous bords.

« Il n’y a pas de perte d’opportunité » pour la France, car Valneva ne livrera le Royaume-Uni qu’à l’automne, soit « après que la France ait été livrée de 150 millions de doses » par d’autres laboratoires, a souligné la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, jeudi sur BFMTV.

« Les savoir-faire, les talents, on les a »

Elle a aussi de nouveau fait valoir que la France avait proposé à l’entreprise, qui n’a pas de site de production dans l’Hexagone, de financer ses recherches cliniques à hauteur de 80 %, mais que celle-ci avait déclinée et trouvé pour ainsi dire « meilleur ailleurs », en l’occurrence au Royaume-Uni. Mais les critiques pleuvent. « On paie surtout l’abandon de notre souveraineté au profit d’autres puissances émergentes dans la mondialisation, et surtout on a sous-investi dans la recherche », alors que « les savoir-faire, les talents, on les a », a déploré le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella jeudi sur Cnews.

Il a appelé en particulier à « relever de manière significative le budget » de la recherche et à la « relocaliser », car « investir dans la recherche aujourd’hui, ça sera le prix de l’indépendance demain ». « La France ne réagit pas, et laisse partir la production pour le Royaume-Uni où le gouvernement a signé une précommande gigantesque avec des fonds pour financer les essais cliniques ! Pourquoi Macron n’a-t-il rien fait ? », avait demandé mercredi dans un tweet le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France.

Des vaccins dans le domaine public ?

Chez Les Républicains, la vice-présidente de l’Assemblée nationale Annie Genevard a relevé mercredi sur Cnews que « la stratégie européenne qui consistait à installer une solidarité dans l’accès au vaccin ne dispensait pas la France d’élargir l’offre en essayant de soutenir d’abord une production nationale et l’achat de vaccins auprès de ceux qui peuvent en fournir ».

A gauche, le PCF et LFI réclament que les vaccins tombent dans le domaine public car, comme le souligne Adrien Quatennens, numéro deux de LFI, le vaccin est « en réalité soumis aux lois du marché », qui « n’est pas à la hauteur pour régler ces crises » sanitaires. « Depuis le début de cette crise on nous parle de souveraineté sanitaire, de réindustrialisation, de relocalisation, et ce n’est pas ce que nous faisons », a-t-il déploré mercredi sur franceinfo, en appelant Emmanuel Macron à « mettre ses mots en bonne adéquation avec les actes qu’il pose ».