Projet de loi sur les « séparatismes » : Gérald Darmanin, un ministre en première ligne contre « l’islamisme »

POLITIQUE Le ministre de l’Intérieur, qui défend en ce moment le projet de loi sur les « séparatismes », publie un ouvrage sur le sujet ce mercredi

T.L.G.

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Gérald Darmanin
Gérald Darmanin — Jacques Witt/SIPA
  • Le « projet de loi confortant le respect des principes de la République » est débattu depuis lundi à l’Assemblée nationale.
  • Gérald Darmanin est en première ligne pour défendre ce texte visant à combattre l’islamisme. Il sort également ce mercredi un petit livre sur le sujet, intitulé Le Séparatisme islamiste. Manifeste pour la laïcité.
  • Le ministre de l’Intérieur travaille sur ces questions depuis plusieurs années.

Un ministre en première ligne contre le « séparatisme ». A l’Assemblée, Gérald Darmanin est le principal défenseur du projet de loi « confortant le respect des principes de la République ». Le texte, traduction du discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux début octobre, vise à renforcer l’arsenal pour combattre l’islam radical. « Notre pays est malade d’un séparatisme dont le premier d’entre eux, l’ islamisme, gangrène notre unité nationale », a lancé le ministre de l’Intérieur lundi en ouvrant les débats.

Depuis quelques jours, le ministre est sur tous les fronts sur ce thème. Dans les médias, l’hémicycle du palais Bourbon, mais aussi en librairie. Un petit ouvrage, d’environ 80 pages, intitulé Le Séparatisme islamiste. Manifeste pour la laïcité sort ce mercredi aux Editions de L’Observatoire.

Un livre pour défendre « le réveil républicain » prévu dans le projet de loi

L’objectif, écrit-il, est « d’exposer au lecteur les raisons profondes qui ont conduit » à l’élaboration du projet de loi. « L’islamisme, l’idéologie la plus puissante à l’œuvre dans le monde contemporain, a privé l’islam de parole, manipulant la religion, pour s’insinuer pleinement dans la société française, pour la combattre et finalement s’en séparer », assure Gérald Darmanin. Face à cet « ennemi, l’islamisme, terreau du terrorisme », le ministre appelle à un « réveil républicain » et défend les principales propositions du projet de loi.

« Il faut donc agir sur deux jambes : d’une part, casser l’imposition des références et des normes islamistes dans l’espace public ; d’autre part, réinventer une promesse de République fraternelle ». Gérald Darmanin évoque plusieurs mesures prévues dans le texte, comme la neutralité des agents du service public : « On ne compte plus les incursions islamistes chez certains cocontractants de l’Etat ou des collectivités locales. »

Il défend également le besoin de contrôler plus activement les associations, en conditionnant leurs financements publics à la signature d’un « contrat d’engagement républicain », comme l’instruction en famille, pour lutter contre les « écoles clandestines » : « Il est de la responsabilité de chacun de réintégrer à la communauté nationale ceux qui sont aujourd’hui, par le fait d’islamistes, les petits fantômes de la République », écrit-il.

« C’est un sujet qui l’intéresse depuis des années »

« Ce livre est une mise en perspective historique de l’histoire des religions en France, de la laïcité, et de la place de l’islam pour montrer que l’intégration des religions a demandé du temps et a suscité des débats, déjà, par le passé », assure l’entourage de Gérald Darmanin. L’appétence du ministre pour ces questions n’est pas nouvelle. En 2015, le maire LR de Tourcoing pilotait pour Nicolas Sarkozy un groupe de travail sur la place de l’islam en France.

L’année suivante, il évoquait aussi ces questions dans « Plaidoyer pour un islam français », un document de 65 pages adressé aux candidats à la primaire à droite. Il y appelait à favoriser la mise en place d’un islam « assimilé totalement à la République » afin d’éviter « la guerre civile ». « C’est un sujet qui l’intéresse depuis des années, sur lequel il a beaucoup lu et travaillé. Ce projet de loi est, pour le ministre, un texte important, qu’il maîtrise sur le bout des doigts », ajoute-t-on dans son entourage. Après la polémique sur ses propos relatifs aux rayons halal et cacher des supermarchés, le locataire de Beauvau a d'ailleurs séduit les députés de sa majorité en commission des Lois.

« Il a été présent sur quasiment tous les articles. Il a démontré qu’il était capable de tenir un discours très apaisant, en trouvant le ton juste et sans tabou », salue Caroline Abadie, députée LREM de l’Isère. « Il a énormément travaillé les argumentaires et les explications. Son expérience d’élu local alimente également ses réflexions. On le sent totalement impliqué sur ce projet de loi qu’il a assumé porter », complète Francis Chouat, le député d’Essonne apparenté LREM. Les débats en séance, déjà mouvementés avec l'opposition, devraient durer deux semaines.