Projet de loi sur les « séparatismes » : A un pays « malade », Gérald Darmanin propose la laïcité comme « remède »

EXAMEN « Il faut savoir nommer la maladie, il faut trouver les médicaments », a déclaré Gérald Darmanin

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à Paris.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à Paris. — AFP

La laïcité doit être le « remède » pour soigner un pays « malade » du séparatisme islamiste, a défendu Gérald Darmanin, ce lundi, lors de l’ouverture des débats sur le projet de loi « confortant le respect des principes républicains » à l’Assemblée nationale.

« Notre pays est malade d’un séparatisme dont le premier d’entre eux, l’islamisme, gangrène notre unité nationale », a déclaré le ministre de l’Intérieur dans l’hémicycle. « Il faut savoir nommer la maladie, il faut trouver les médicaments », a-t-il ajouté.

« L’OPA islamiste »

Pour Gérald Darmanin qui pilote côté gouvernement le projet de loi « séparatisme », la laïcité qui garantit « la pluralité religieuse, la neutralité de l’Etat et de ses agents, la liberté de culte », est le « remède contre une partie de ce qui nous ronge ». « Ce texte, cette majorité ne combat pas les religions (…) mais l’OPA islamiste », a fait valoir Gérald Darmanin alors qu’une partie de l’opposition de gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement de vouloir « stigmatiser » les musulmans.

Le ministre de l’Intérieur a évoqué la possibilité pour les services de la place Beauvau d’autoriser la réouverture de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis) alors que les fidèles de la mosquée « font le ménage chez eux ». « Il faudra que le ministère de l’Intérieur autorise plus précocement » la réouverture de cette mosquée fermée pour six mois car accusée par les autorités d’avoir relayé des propos ayant conduit à l’assassinat de Samuel Paty le 16 octobre. Dans l’entourage de Gérald Darmanin, on a fait valoir que « l’association gestionnaire » du lieu de culte « a fait des propositions qui peuvent permettre de reprendre en main la mosquée ». « C’est une question de jours, même si rien n’est acquis », a-t-on ajouté.

« Une des lois les plus importantes de ce quinquennat »

Pour le Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, cette loi de « liberté » permet de se doter d’une réponse pénale « adaptée, rapide, systématique » et « sanctionner ceux qui souhaitent faire bande à part, en dehors du cadre républicain ». Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer a lui célébré « une des lois les plus importantes de ce quinquennat ». La « République n’est pas une formule, c’est un contrat social de tous les jours », a-t-il souligné.

« Personne n’a des droits absolus sur les enfants, c’est l’honneur de la République de défendre chaque enfant », notamment « dans le droit à l’éducation », alors que le projet de loi encadre plus sévèrement l’instruction en famille (IEF), une des dispositions les plus disputées du texte. Le projet de loi prévoit une batterie de mesures souvent « techniques » sur la neutralité du service public, la lutte contre la haine en ligne, l’instruction en famille, le contrôle renforcé des associations, une meilleure transparence des cultes et de leur financement, et encore la lutte contre les certificats de virginité, la polygamie ou les mariages forcés.