Coronavirus : La contrôleure générale des prisons demande « une stratégie de vaccination spécifique » en détention

EPIDEMIE Entre le début du mois et le 21 janvier, le nombre de détenus contaminés est passé de 25 à 134, soit une hausse de 165%

20 Minutes avec AFP

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À la prison de Fleury-Mérogis, les parloirs ont été adaptés pour respecter certaines consignes sanitaires.
À la prison de Fleury-Mérogis, les parloirs ont été adaptés pour respecter certaines consignes sanitaires. — ERIC DESSONS/SIPA

Face au « chiffre affolant » de progression de l’épidémie de coronavirus dans les prisons, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté a exprimé son inquiétude, dans une lettre adressée lundi aux ministères de la Justice et de la Santé, réclamant une « stratégie de vaccination spécifique » dans les établissements pénitentiaires.

« La situation actuelle est plus grave que celle du printemps dernier. Au 21 janvier, 235 personnels pénitentiaires étaient contaminés ; quant aux détenus, ils étaient 134 à la même date contre 25 au début du mois, soit une hausse de 165%. Un chiffre affolant », a indiqué Dominique Simonnot dans cette lettre rendue publique mardi.

Des libérations anticipées pour désengorger les prisons

Dominique Simonnot a demandé au garde des Sceaux d’envisager, comme au printemps, des libérations de détenus proches de leur fin de peine pour désengorger les prisons et de lancer une campagne de vaccination spécifique tenant compte « à la fois de la promiscuité inévitable en détention, de la vulnérabilité particulière de la population pénale et de la facilité logistique résultant de la concentration des patients en un même lieu ».

« Il ne s’agit pas seulement ici de protéger les personnes détenues mais d’une mesure de santé publique permettant de prévenir les conséquences que pourrait avoir sur l’ensemble de la population l’apparition de poches de contamination massive en prison », a insisté Dominique Simonnot.

Une requête pour intégrer l’ensemble des détenus à la campagne de vaccination

« Depuis le début de la crise sanitaire, le ministère de la Justice travaille étroitement avec le ministère de la Santé pour mettre en œuvre des mesures sanitaires adaptées en détention, dans le cadre de la stratégie portée par le gouvernement », a indiqué la Chancellerie.

« Conformément à la politique vaccinale du gouvernement, comme chaque Français âgé de 75 ans et plus, les détenus concernés (environ 250 personnes) sont prioritaires », a précisé la Chancellerie en soulignant qu'« une liste des personnes détenues de plus de 75 ans, réparties par établissement et par direction inter-régionale, a été transmise aux autorités de santé pour organiser la campagne de vaccination en détention qui a débuté depuis quelques jours ». L’association humanitaire Robin des Lois a annoncé de son côté avoir déposé une requête devant le Conseil d’État pour que « l’ensemble de la population carcérale » puisse être intégré dans la campagne de vaccination contre le Covid-19.