Coronavirus : Partagée sur le reconfinement, l’opposition peine à trouver d’autres options

EPIDEMIE Alors qu'un nouveau confinement pourrait être annoncé dans les prochains jours par l'exécutif, l'opposition est partagée sur cette mesure restrictive pour lutter contre la propagation du Covid-19

Thibaut Le Gal

— 

Marine Le Pen, le 11 novembre 2020 à Hénin-Beaumont.
Marine Le Pen, le 11 novembre 2020 à Hénin-Beaumont. — Sarah Alcalay/SIPA
  • L'exécutif souhaite attendre les chiffres de fin de semaine avant de se prononcer sur un nouveau confinement du pays.
  • Dans l'opposition, la perspective d'une nouvelle quarantaine est accueillie avec fatalisme.
  • De nombreux élus plaident pour un débat et un vote au Parlement en cas de nouveau confinement.

Confinement ou pas confinement ? Le suspense reste entier. Malgré une situation épidémique fragile et une lente progression des entrées à l’hôpital, l’exécutif joue la montre dans la lutte contre le coronavirus. Après les rumeurs d’un troisième confinement dès cette semaine, l’Elysée privilégierait désormais d’attendre quelques jours pour mesurer pleinement l’effet du couvre-feu national à 18h, entré en vigueur le 16 janvier.

« La France ne sera pas un îlot à part dans le reste de l’Europe » face aux variants du Covid-19, a toutefois prévenu lundi le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, qui conseille le gouvernement. Dans l’attente d’une prise de parole d'Emmanuel Macron, l’opposition est partagée sur ce troisième confinement, entre fatalité et difficultés pour trouver d’autres propositions.

« Société en roulements », « confinement territorialisé »…

« Le confinement n’est pas une fatalité », assure Bastien Lachaud, député LFI de Seine-Saint-Denis. Pour contrer l’épidémie, les insoumis proposent depuis plusieurs semaines d’organiser « la société en roulements » : « L’idée est de faire fonctionner la société par rotation pour que les gens ne soient pas tous à la même heure dans les transports, les entreprises ou les écoles », précise l’élu. Une mesure qui interroge sur sa mise en pratique. « S’il y a une volonté politique, des directives claires, l’administration suivra, assure l’élu. On doit tout faire pour éviter que la société ne s’arrête totalement car ce serait un drame. »

Lors de ses vœux à la presse, lundi, Marine Le Pen a de son côté fustigé « la politique du chien crevé au fil de l’eau », dénonçant les errements de l’exécutif dans sa gestion de l’épidémie. La présidente du Rassemblement national a plaidé pour « territorialiser les mesures de restrictions », en adaptant l’éventuel confinement à venir selon la situation sanitaire dans chacun des territoires.

« Il est possible qu’il n’y ait pas d’autres choix »

Cette adaptabilité selon les régions était défendue, il y a quelques jours encore, par la droite concernant le couvre-feu. Mais aujourd’hui, Les Républicains appellent le chef de l’Etat à durcir la politique sanitaire. « Il n’y a pas d’alternatives au confinement », avance Damien Abad. Le patron des députés LR à l’Assemblée nationale souhaite un « confinement dur » : « Ce n’est pas une fatalité, mais un symptôme de l’incurie du gouvernement. On espérait que le pays aille plus vite sur la vaccination, mais la situation sanitaire se dégrade. Le couvre-feu n’était pas la bonne solution, et les Français n’attendent pas des demi-mesures », avance l’élu de l’Ain.

A droite, tous sont sur la même ligne. Seul Gérard Larcher a estimé dimanche dans Le Figaro que « tout doit être tenté avec des mesures intermédiaires » pour éviter « un reconfinement total [qui] aurait des conséquences humaines très fortes, notamment chez les jeunes », sans toutefois donner plus de précisions. Dans le reste de la classe politique, aussi, on se résigne à la quarantaine. « Il est possible qu’il n’y ait pas d’autres choix, même si les conséquences s’annoncent terribles », admet le député Boris Vallaud.

L’opposition s’accorde en revanche sur le manque de communication du gouvernement. « Le gouvernement ne nous donne pas toutes les informations pour se faire un avis, poursuit le député PS des Landes. On a besoin d’avoir un débat avec l’exécutif, en toute transparence. Cela nous permettra aussi de faire des remontées de terrain, d’éclairer la décision publique et de restaurer la confiance avec les Français ». Plusieurs élus réclament ainsi un débat suivi d'un vote au Parlement en cas de nouveau confinement. Une option qui n’a pas été évoquée par l’exécutif à ce stade.