Greenpeace : Barbara Pompili élue « boulet du climat », un prix spécial à Emmanuel Macron

PARODIE L’ONG avait proposé au vote dix responsables de la majorité identifiés comme des « spécialistes de la poudre aux yeux » sur l’action climatique

20 Minutes avec AFP

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Barbara Pompili, Ministre de la Transition Ecologique à Paris le 8 septembre 2020
Barbara Pompili, Ministre de la Transition Ecologique à Paris le 8 septembre 2020 — : MEIGNEUX/SIPA

L’ONG Greenpeace a décerné, ce mardi, ses premiers « boulets du climat » sur le tapis rouge d’une cérémonie parodique devant l’Assemblée nationale, récompensant Emmanuel Macron « pour l’ensemble de son œuvre » et Barbara Pompili pour la réautorisation des néonicotinoïdes.

Dix responsables de la majorité identifiés comme des « spécialistes de la poudre aux yeux » en matière d’action climatique, cinq dans la catégorie ministre et cinq dans la catégorie parlementaire, avaient été proposés au vote par l’ONG.

Bruno Le Maire et Jean-Baptiste Djebarri sur le podium

« Dans la catégorie ministre, le prix des Boulets du climat 2020 est décerné à Barbara Pompili, la tueuse d’abeille », a lancé le maître de cérémonie en smoking juché sur un camion-sono sur la place du Palais Bourbon, pendant qu’un duo de grimpeurs escaladait les colonnes pour déployer une banderole à l’effigie des gagnants.

« Quelque part, on attend plus de Barbara Pompili (…) La déception est d’autant plus grande », a indiqué le directeur général de Greenpeace, France Jean-François Julliard, en décryptant les résultats de cette consultation qui a placé la ministre de la Transition écologique devant Bruno Le Maire, « le fossile de Bercy », et Jean-Baptiste Djebarri, « le pilote du crash climatique ».

Mohamed Laqhila, « VRP de l’huile de palme »

Alors qu’environ 30.000 personnes selon l’ONG ont pris part à la consultation en ligne, un « prix spécial du jury », hors vote, a été attribué au président de la République « pour l’ensemble de son œuvre », sous une pluie de confettis lancés sur les quelques dizaines de militants assistant à la cérémonie. « Il n’a cessé depuis son élection de se positionner en champion du climat, en défenseur de la planète (…), et malheureusement on constate un décalage extrêmement fort entre le discours et les actes », a commenté Jean-François Julliard.

Le député des Bouches-du-Rhône Mohamed Laqhila, qualifié de « VRP de l’huile de palme » a quant à lui reçu le prix dans la catégorie parlementaire pour « son lobbying en faveur de Total » lors de sa tentative de repousser la suppression de la niche fiscale sur les agrocarburants à base d’huile de palme. « Les 3 lauréats plébiscités par le public ont en commun de faire passer l’agenda des lobbies industriels avant l’impératif climatique », a déclaré Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat de Greenpeace. « Nous ne pourrons pas faire face à la crise climatique avec de tels "boulets" aux pieds ».