Régionales 2021 : Blanquer renonce à se présenter en Ile-de-France et plonge LREM dans la galère

ELECTIONS Le ministre de l’Education nationale a finalement décidé de ne pas être le candidat de LREM en Ile-de-France, un renoncement qui illustre les difficultés des marcheurs pour les élections régionales

L.C.

— 

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale. — ABDULMONAM EASSA / AFP
  • Malgré les demandes d’Emmanuel Macron, peu de ministres seront candidats aux élections régionales prévues en juin. Jean-Michel Blanquer, favori pour l’Ile-de-France, a finalement décidé de ne pas se lancer.
  • Le scrutin s’annonce en effet compliqué pour La République en marche, habituée aux déroutes lors des scrutins locaux, faute d’un ancrage solide.
  • Le parti se donne jusqu’à début février pour trouver toutes ses têtes de liste, puisqu’il veut en présenter dans chacune des 13 régions.

C’était un secret de polichinelle chez les marcheurs, depuis plusieurs jours. Jean-Michel Blanquer le ministre de l’Education nationale, ne souhaite pas être la tête de liste de La République en marche (LREM) pour les élections régionales en Ile-de-France. « On avait compris qu’il n’avait pas envie », sourit un cadre macroniste contacté par 20 Minutes ce vendredi, confirmant une information de France Inter.

Le ministre était pourtant le choix d’Emmanuel Macron. Son désistement place le parti présidentiel face à l’épineuse tâche de trouver une figure pour affronter la présidente sortante de droite Valérie Pécresse et Audrey Pulvar, adjointe de la maire socialiste Anne Hidalgo. La mission s’annonce délicate dans de nombreuses autres régions, car LREM souffre encore et toujours d’un ancrage local faible, et la déroute des municipales reste dans les esprits.

Des listes LREM dans toutes les régions

A moins de six mois de la date officielle du scrutin, reporté à juin, LREM se cherche ainsi encore des têtes de liste dans la moitié des 13 régions. « Il faut laisser du temps à certains pour mûrir… D’ici 15 jours, on aura tranché », assure Marie Guévenoux, députée LREM de l’Essonne et chargée de copiloter la stratégie du mouvement. Le parti a finalement écarté la possibilité de soutenir des sortants Macron-compatibles. « On sera présents partout, parce qu’on ne veut pas faire d’impasse, ou d’enjambement de ce scrutin », ajoute la parlementaire, répondant aux critiques de l'opposition

Mais, malgré les appels du chef de l’Etat, peu de membres du gouvernement devraient finalement se présenter. La ministre déléguée des Armées Geneviève Darrieussecq (MoDem) devrait être candidate an Nouvelle-Aquitaine, face au sortant socialiste Alain Rousset. Un autre ministre, Marc Fesneau, également du MoDem, pourrait être tête de liste en Centre-Val-de-Loire.

Jean-Louis Debré vient jouer les trouble-fêtes

Reste à savoir quand le scrutin se tiendra vraiment… Mardi, lors d’une audition au Sénat, l’ancien président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a affirmé que « ceux qui étaient à l’origine de [sa] réflexion » sur le report des régionales, c’est-à-dire l’exécutif, voulaient, à nouveau, « reporter ces élections après l’élection présidentielle ». Matignon a démenti, mais l’opposition s’est engouffrée dans la brèche pour accuser LREM de vouloir décaler un scrutin qui lui serait peu avantageux

Pourtant, officiellement, le parti continue son travail d’organisation des campagnes régionales et départementales (les deux scrutins auront lieu simultanément). « La situation sanitaire ne nous autorise à y travailler qu’à bas bruit. On considère que ce n’est pas le moment de parler des régionales aux Français, on n’est pas sûr qu’ils soient réceptifs en ce moment », justifie Marie Guévenoux, qui précise que les candidats marcheurs centreront leur programme sur la relance économique. La campagne reste donc très discrète à ce stade.

Quelle stratégie en cas de triangulaire avec le RN ?

LREM identifie aussi plusieurs « points de vigilance » par rapport à une éventuelle percée du Rassemblement national, indique la direction. Dans les Hauts-de-France, où le sortant Xavier Bertrand veut faire de sa réélection une condition et un tremplin pour sa candidature à la présidentielle de 2022, LREM hésite encore sur sa tête de liste. Le secrétaire d’Etat chargé des retraites Laurent Pietraszewski, ex-député du Nord, fait figure de favori, mais le député du Nord Christophe Di Pompeo est aussi intéressé.

Que fera le parti présidentiel en cas d’une qualification au second tour, avec Xavier Bertrand et la liste du Rassemblement national au beau milieu d’une triangulaire ? La stratégie n’est toujours pas tranchée à ce stade, selon Marie Guévenoux. La même question pourrait se poser dans le Grand Est, en Bourgone Franche Comté et en Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

Reste également à trouver un plan B après le retrait de Jean-Michel Blanquer en Ile-de-France. Des noms circulent déjà, dont ceux des députés Aurore Bergé et Laurent Saint-Martin, et des ministres Emmanuelle Wargon et Agnès Pannier-Runacher. Le parti tranchera d’ici début février. Et contrairement aux municipales de 2020, il ne se fixera, cette fois, pas d’objectifs chiffrés.