Coronavirus : Rachida Dati demande un « revenu minimum » pour les étudiants précaires

LETTRE OUVERTE Dans la classe politique, les appels se multiplient pour demander au gouvernement un revenu pour les jeunes en difficulté financière en pleine crise

20 Minutes avec AFP

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Rachida Dati, le 15 mars 2020 à Paris.
Rachida Dati, le 15 mars 2020 à Paris. — Philippe Lopez/AP/SIPA

Rachida Dati, maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris, réclame un « revenu minimum » pour les jeunes défavorisés le temps de la crise. Elle met en garde Emmanuel Macron contre une « bombe à retardement » pour un pays « déjà si fracturé ».

« Emmanuel, je vous demande que la question étudiante soit prise en compte à chaque nouvelle étape de la gestion de cette crise », affirme-t-elle dans une lettre ouverte au chef de l’Etat. Elle reproche aux gestionnaires de « découvrir à présent une situation étudiante dont ils ne savent rien ».

« Fragilité sociale »

« Vous avez fait vos classes à La Providence, quand j’ai grandi dans une cité ouvrière de Chalon-sur-Saône. (…) Vous avez fréquenté les bancs de l’Ena et moi ceux de l’université de Bourgogne (…) Vous pouviez dormir pour être en forme aux examens, quand, moi, j’allais travailler la nuit à la clinique Sainte-Marie comme aide-soignante », ajoute la candidate de la droite aux dernières municipales à Paris.

Rachida Dati demande donc au chef de l’Etat « d’allouer un revenu minimum aux étudiants en situation de fragilité sociale, tout le temps où l’activité économique restera réduite » et de travailler avec les élus locaux à identifier « les locaux publics non utilisés » tels que les gymnases pouvant permettre une reprise des cours.

Disparition des petits boulots

« Emmanuel, est-ce que vous oseriez regarder Heïdi droit dans les yeux et lui dire qu’un numéro vert et des psychologues dans les universités sont une réponse à la hauteur de sa détresse ? », demande la maire du 7e arrondissement, en allusion à l’étudiante qui avait dit sa colère au chef de l’Etat la semaine dernière.

Les appels à des mesures de soutien en faveur des jeunes, touchés de plein fouet par l’épidémie de coronavirus qui les a entre autres isolés et privés des petits boulots alimentaires, se sont multipliés ces derniers jours. Le patron du PCF Fabien Roussel et celui de l’UDI Jean-Christophe Lagarde ont notamment demandé dimanche un retour des étudiants dans leurs universités ou dans leurs écoles.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) s’est joint à ces appels lundi en réclamant également l’ouverture du revenu de solidarité active (RSA) aux moins de 25 ans – une demande à ce stade écartée par l’exécutif. Il faut « des mesures rapides et concrètes pour prévenir la montée de la précarité et des risques psychosociaux qui pèsent sur la jeunesse », ont insisté les Verts dans un communiqué dans lequel ils demandent également « des accompagnements personnalisés » et un recrutement supplémentaire de psychologues.