Frédéric Mion, directeur de Sciences Po
Frédéric Mion, directeur de Sciences Po — Tristan Reynaud/SIPA

INCESTE

Affaire Duhamel : Des étudiants demandent de nouveau la démission du directeur de Sciences Po

Frédéric Mion est accusé par les étudiants de Sciences Po d'avoir menti au sujet d'Olivier Duhamel, au coeur d'une accusation d'inceste

Près d’une centaine d’étudiants se sont rassemblés ce lundi midi devant Sciences Po Paris pour demander de nouveau la démission de son directeur Frédéric Mion, à qui ils reprochent d’avoir menti au sujet d' Olivier Duhamel, ancien dirigeant visé par une enquête pour viols sur mineur.

« On est là pour mettre fin à l’omerta et au patriarcat, même si Mion ne veut pas, nous on est là », ont-ils entonné au mégaphone devant l’institut de la rue Saint-Guillaume. Depuis la révélation de l'affaire Duhamel, le mot dièse #Miondemission a fleuri sur les réseaux sociaux. Dans une lettre ouverte publiée mercredi dernier sur le site de Libération, plus de 500 étudiants, professeurs et salariés de Sciences Po avaient demandé son départ.

Confiance rompue avec l’institution

« On a appris qu’il y avait eu mensonge dans cette affaire, on ne peut pas accorder notre confiance au directeur de l’établissement », explique Baptiste, étudiant de troisième année syndiqué à Solidaires, devant Sciences Po. « Cette démission doit aussi la première étape de changements plus profonds, pour notamment un meilleur accompagnement des victimes d’agressions sexuelles », estime-t-il.

Après avoir fait part de sa stupeur, le directeur de Sciences Po, Frédéric Mion, avait admis auprès du Monde avoir été alerté en 2019 des accusations d’inceste visant Olivier Duhamel, ex président de l’instance qui chapeautait l’institut d’études politiques parisien. Il a ensuite expliqué avoir contacté un proche d’Olivier Duhamel qui lui aurait certifié que les rumeurs étaient sans fondement.

« Frédéric Mion, qui avait connaissance des faits, a décidé de ne rien dire, de ne pas faire d’enquête : il a laissé Olivier Duhamel continuer à faire ses leçons inaugurales, ça rompt le lien de confiance avec l’institution », estime Gabrielle, étudiante en master 1. Olivier Duhamel a été remplacé par Louis Schweitzer, l’ancien patron du groupe Renault, élu président par intérim de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP).