L'alliance avec Besancenot au coeur des débats du congrès fondateur du Parti de Gauche

POLITIQUE Jean-Luc Mélenchon veut s'allier au NPA pour essayer de dépasser le PS aux européennes...

V.G. (avec agence)

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Une coalition d'opposants au traité de Lisbonne, du Sinn Fein irlandais en passant par le socialiste français Jean-Luc Mélenchon ou le Néerlandais Harry Van Bommel, ont appelé jeudi les leaders européens à abandonner le traité censé rendre l'UE plus efficace.
Une coalition d'opposants au traité de Lisbonne, du Sinn Fein irlandais en passant par le socialiste français Jean-Luc Mélenchon ou le Néerlandais Harry Van Bommel, ont appelé jeudi les leaders européens à abandonner le traité censé rendre l'UE plus efficace. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Le Parti de Gauche (PG) est lancé. L'aventure, démarrée sur un coup de tête du bouillant Jean-Luc Mélenchon, se structure officiellement ce week-end lors d'un congrès fondateur. Au coeur des débats: l'alliance espérée avec le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot en vue des européennes.

Alors que le PG est déjà allié aux communistes, Jean)-Luc Mélenchon a lancé un nouvel appel au NPA ce dimanche: «Camarades, nous vous tendons la main sans conditions, sans préalable, ne la rejetez pas!», a-t-il lancé, en clôture du congrès qui a réuni 600 délégués à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne).

Fort d'un sondage commandé à l'Ifop créditant un hypothétique «front» incluant le NPA et Lutte ouvrière de 14,5% des voix (derrière l'UMP à 25,5% et le PS à 22,5%), Mélenchon avait lancé samedi un nouvel appel à Besancenot, à une semaine du congrès fondateur du NPA (6-8 février), qui doit trancher la question d'éventuelles alliances pour les européennes de juin.

>> Les débats sont à suivre en live-comme-au-congrès sur le site officiel du Parti de Gauche...

«Olivier Besancenot a une responsabilité devant l'Histoire, il n'est plus à la tête d'un groupuscule», et «s'il refuse le front de gauche, le rééquilibrage (à gauche) ne pourra pas se faire», assure Mélenchon. «Passer devant le PS, c'est jouable», répète-t-il.

Besancenot «bouge tout doucement, on va le convaincre», se persuade l'ancien socialiste, dont le «front», qui s'adresse à tous les partis de gauche sur la base du «non de gauche» au Traité européen en 2005, se limite jusqu'ici à un duo PCF-PG.

Besancenot refuse un simple «bon coup électoral»

Le sénateur de l'Essonne voit comme «un bon signe» l'appel unitaire de dix organisations de gauche, dont le NPA, sur les mobilisations de jeudi dernier. Mais jusqu'ici, le parti d'Olivier Besancenot n'a pas semblé très favorable à une alliance pour les prochaines élections.

Refusant un simple «bon coup électoral», le facteur de Neuilly défend un «front durable» au-delà des Européennes de juin, avec comme condition une indépendance totale vis-à-vis du PS.

«Ce serait un désastre politique»

Au NPA, l'idée du front de gauche a des partisans. «Sur le fond, il n'y a pas de raison de refuser cette offre», estime Christian Picquet, représentant la fraction minoritaire de la future ex-LCR pour un large rassemblement à gauche.

«Si le NPA répond non, ce serait un désastre politique», ajoute-t-il dans les allées du congrès, en déplorant la «crispation» de la direction du Nouveau parti anticapitaliste. «Ils sont enfermés dans une bulle qui leur donne le sentiment que la popularité de Besancenot peut être traduite automatiquement en résultats électoraux, mais c'est une illusion complète», analyse-t-il.