Coronavirus : Avec un « couvre-feu préventif » à 18h, l’exécutif espère éviter un nouveau confinement

EPIDEMIE Le Premier ministre a annoncé ce jeudi un couvre-feu généralisé à 18 heures dans toute la France métropolitaine à partir de samedi, et pour au moins quinze jours

Thibaut Le Gal

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Jean Castex.
Jean Castex. — homas Coex/AP/SIPA
  • Le gouvernement tenait sa traditionnelle conférence de presse sur les mesures de lutte contre le coronavirus ce jeudi soir.
  • Jean Castex a annoncé un couvre-feu généralisé à 18 heures dans toute la France métropolitaine à partir de samedi, et pour au moins quinze jours.
  • Cette mesure, qui vise à éviter un nouveau confinement, reste très critiquée dans l’opposition.

C’est le rituel cruel que le pays attend désormais chaque semaine ou presque. Jean Castex est arrivé accompagné d’une armada de ministres, ce jeudi à 18h, pour lancer la conférence de presse du gouvernement sur les mesures de lutte contre le coronavirus. « Nous avons pu passer les fêtes de fin d’année sans flambée », s’est félicité le Premier ministre, évoquant des chiffres « plus qu’honorables, tant au niveau d’incidence que du taux de positivité des tests ».

S’appuyant sur une ribambelle de données, le chef du gouvernement a évoqué, l’air docte, une « situation maîtrisée », mais « fragile, car le virus circule encore activement sur le territoire ». Il s’est surtout inquiété de « l’émergence de nouvelles souches plus contagieuses » du Covid-19. Car malgré la stabilité relative de l’épidémie, c’est bien la crainte de ce fameux variant britannique qui pousse l’exécutif à « durcir » les mesures, dans une « logique de freinage préventive ».

« Un couvre-feu préventif »

« Nous devons donc tout faire pour éviter qu’elle ne progresse rapidement et qu’elle ne devienne la souche dominante », a estimé Jean Castex. L’exécutif choisit de baisser le rideau deux heures plus tôt, puisque dès samedi, le couvre-feu sera généralisé sur l’ensemble du territoire métropolitain à 18 heures et pour au moins 15 jours. Tous les lieux, commerces ou service, fermeront à cet horaire. « Lors de la deuxième vague, nous avions confiné par anticipation, et ça a porté ses fruits, assure la députée LREM du Var, Valérie Gomez Bassac. C’est la logique de ce couvre-feu préventif, on ne voudrait pas atteindre les chiffres dramatiques que connaît par exemple le Royaume-Uni », qui connaît une flambée épidémique depuis plusieurs semaines.

Le gouvernement dit vouloir éviter un nouveau confinement, qu’il n’écarte pas pour les prochains jours, en cas de « dégradation épidémique forte ». « Les Français sont déjà usés psychologiquement, et un nouveau confinement auraient de graves effets sur l’activité économique et sociale », souffle la marcheuse, porte-parole du groupe à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement justifie ce couvre-feu généralisé par les résultats positifs de son instauration dans les 15 premiers départements depuis le 2 janvier. « La hausse du nombre de nouveaux cas y est deux voire trois fois plus faible que dans les autres départements métropolitains », a dit le Premier ministre.

L’opposition dénonce le risque « d’engorgement » dans les commerces le week-end

« Je suis sceptique, et il faudra regarder les chiffres de près car, en Saône-et-Loire, le couvre-feu n’a pas donné de résultats probants », réplique Gilles Platret, le maire LR de Chalon-sur-Saône. « En revanche, il pose de vrais problèmes, car il oblige tous ceux qui travaillent à faire leur course le week-end en même temps, au risque d’un engorgement dans les grandes surfaces ». Le vice-président des Républicains pointe aussi l’impact négatif de la mesure sur les restaurateurs. « Cela va tuer ceux qui survivaient en faisant de la vente à emporter le soir. »

« Nous serons plus nombreux à nous concentrer dans les lieux communs (transports, magasins…) sur des créneaux plus courts ! Ces nouvelles trouvailles perpétuelles sont insupportables », s'est également agacé sur Twitter le député insoumis Adrien Quatennens. Marine Le Pen a de son côté appelé à des mesures sanitaires plus « territorialisées », puisque « la situation sanitaire est extrêmement contrastée selon les départements ».

Une fois encore, ce sont les chiffres épidémiques des prochains jours qui donneront raison – ou non – à l’exécutif. Et pourraient le pousser à décider d’un troisième confinement. Les « jours heureux », promis par Emmanuel Macron au mois d’avril dernier semblent, eux, encore bien loin.