Vaccination, suite du quinquennat... Macron veut redonner un cap avant 2022

VACCIN Le président, qui s’est impliqué davantage dans la stratégie de vaccination contre le coronavirus, réunira le gouvernment mercredi pour esquiscer la fin du quinquennat

Laure Cometti

— 

Emmanuel Macron à Tours le 5 janvier 2021.
Emmanuel Macron à Tours le 5 janvier 2021. — Stephane Lemouton-POOL/SIPA
  • La stratégie vaccinale initialement présentée mi-décembre par le Premier ministre Jean Castex a été remaniée au début du mois de janvier.
  • Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’accélérer la campagne de vaccination, en organisant plusieurs réunions à l’Elysée pour « débloquer » certains points.
  • Le président réunira par ailleurs les ministres mercredi pour tracer la feuille de route de l’exécutif dans différents domaines d’ici la fin du quinquennat, une tentative de continuer à réformer malgré la crise du coronavirus.

Nouvelle année, nouvel élan ? Depuis le début du mois de janvier, le président a choisi de se mettre en avant. D’abord en affichant sa « colère » face au démarrage poussif de la stratégie de vaccination contre le coronavirus. Puis en organisant à l’Elysée deux réunions successives  pour coordonner les débuts de la campagne.

Une accélération grâce à Macron

Les critiques sur la lenteur du démarrage de la campagne vaccinale ont donc finalement poussé Emmanuel Macron à intervenir dès les premiers jours de janvier. Le Monde rapportait le 5 janvier dernier qu’un document de 45 pages destiné aux directeurs de maisons de retraite et d’unité de soin avait notamment suscité la colère du chef de l’Etat. Sous l’impulsion du chef de l’Etat, l’exécutif a donc accéléré la campagne, en anticipant le calendrier initial, en élargissant les publics ciblés par le vaccin, en assouplissant les règles de consentement et en ouvrant dès cette semaine les premiers centres de vaccination. « Le rythme va s’accélérer. Nous avons annoncé l’objectif d’un million de Français vaccinés fin janvier, nous le tiendrons », a martelé le ministre de la Santé Olivier Véran à l’Assemblée ce mardi.

Officiellement, l’Elysée n’assume pas vraiment de changement de stratégie mais préfère parler d’une « mise sous tension du dispositif de vaccination demandée par le président et le Premier ministre ». « Les débuts de la campagne ont peut-être été moins rapides que chez nos voisins, mais ils nous ont permis de voir comment ça se passait concrètement sur le terrain », ajoute la présidence.

Pour la députée MoDem de l’Isère Elodie Jacquier-Laforge, cette intervention présidentielle a été « un électrochoc nécessaire » pour aller plus vite. « Cela a permis de mettre tout le monde au diapason et de changer la donne », complète un conseiller ministériel. La circulation de la nouvelle souche du virus pèse également sur la décision de vacciner plus rapidement les Français.

Un objectif de 400.000 vaccinés en fin de semaine

Les réunions des lundis 4 et 11 janvier à l’Elysée dédiées à la vaccination ont été organisées pour « faire le point sur ce qu’on a pu débloquer », comme l’assouplissement du consentement du patient, et « suivre les chiffres », explique la présidence. Elle n’indique pas si cela deviendra un rendez-vous hebdomadaire, comme les Conseils de défense sanitaires.

L’implication du président permettra-t-elle d’atteindre l’objectif de 400.000 personnes vaccinées à la fin de la semaine et tous les résidents d’Ehpad* fin janvier ? Au 11 janvier, plus de 138.000 Français l’avaient été, selon le ministère de la Santé, contre près de 720.000 Italiens ou 2,6 millions de Britanniques. « Si on se compare à d’autres pays qui n’ont pas choisi la même stratégie que nous, et n’ont pas la même organisation, on sera toujours perdants », souffle un conseiller ministériel.

« Il ne faut pas juger en dix jours une campagne qui s’étalera sur six mois », se défend-on à l’Elysée, qui promet une accélération accrue « dès le 18 janvier », date à laquelle les plus de 75 ans pourront être vaccinés. « Dès jeudi, ils pourront réserver leur prise de rendez-vous vaccinal, et on verra l’impact lundi ». Le gouvernement mise aussi sur l’ouverture de 600 centres de vaccination d’ici la fin du mois de janvier.

Relancer d’autres réformes d’ici 2022

Il n’y a pas que la vaccination qui occupe l’exécutif. Emmanuel Macron souhaite remettre sur la table plusieurs dossiers à l’occasion d’un séminaire gouvernemental mercredi. « On fera un point d’étape sur la gestion de crise et sur l’économie, le social, la culture, la jeunesse », égrène l’Elysée.

Ce sera l’occasion de fixer un calendrier et des objectifs aux ministres d’ici la fin du quinquennat, avec la présidentielle en ligne de mire. La gestion de crise devrait toutefois continuer d’occuper largement le terrain. Un Conseil de défense doit acter mercredi d’éventuelles nouvelles mesures pour freiner l’épidémie, qui circule toujours activement. L’état d’urgence sanitaire doit en outre être prolongé jusqu’en juin prochain.

* Soit près d’un million de personnes, selon les chiffres du gouvernement.