Coronavirus : « Avec de telles carences, le Débarquement de juin 1944 aurait échoué », Anne Hidalgo étrille la campagne de vaccination du gouvernement

PARIS La maire de Paris a tiré à boulets rouges sur l’exécutif dans le « Journal du Dimanche »

J.-L.D. avec AFP

— 

Anne Hidalgo a sorti la sulfateuse
Anne Hidalgo a sorti la sulfateuse — ERIC DESSONS/JDD/SIPA

Anne Hidalgo étrille dans le Journal du Dimanche la logistique du gouvernement en matière de vaccination et l’appelle à faire confiance aux élus locaux. Dans cet entretien mis en ligne ce samedi soir sur le site de l’hebdomadaire, la maire de Paris réaffirme par ailleurs qu’elle prendra « toute sa part » à l’élection présidentielle de 2022 sans aller jusqu’à confirmer sa candidature, objet de rumeurs grandissantes.

Quelques jours après avoir fait monter en première ligne son premier adjoint Emmanuel Grégoire, l’édile socialiste sort de son silence pour égratigner à son tour la stratégie de vaccination contre le coronavirus du gouvernement. « Depuis la décentralisation, une partie des compétences dépend des collectivités : l’Etat n’est pas capable de faire le dernier kilomètre », juge Anne Hidalgo, joignant sa voix aux critiques de nombreux élus sur une campagne de vaccination jugée trop « lente » et trop « centralisée ».

Peur sur la ville et la jeunesse

« Au lieu de faire appel à des cabinets privés, comme McKinsey, pour réfléchir à la stratégie et à la logistique comme l’a décidé le gouvernement, c’est aux élus locaux qu’il faut faire confiance », ajoute-t-elle. Au-delà de la question de la vaccination, Anne Hidalgo se dit « très préoccupée » par le sort des 300.000 jeunes de 18-25 ans de la capitale.

Estimant que « cette génération ne peut pas être sacrifiée », la maire annonce la création « avant l’été » d’une « maison pour la jeunesse » dont l’objectif sera de fournir aux jeunes des « informations sur les dispositifs d’alternance, les formations diplômantes par le travail, les stages, le mentorat, mais aussi le service civique ».

2022, oui ou non ?

Concernant les restaurateurs et hôteliers touchés de plein fouet par le confinement, elle indique travailler avec la Caisse des dépôts à la création d’une « foncière commerce ». Cette foncière proposera des aides directes aux petites entreprises en difficulté ou encore de racheter des fonds de commerce, notamment aux restaurateurs ou hôteliers propriétaires, pour leur permettre d’avoir des liquidités, « quitte à leur revendre ce patrimoine en cas de retour à meilleure fortune ».

Interrogée sur l’échéance présidentielle de 2022, Anne Hidalgo réaffirme qu’elle y prendra « toute [s] a part » sans donner plus de précisions sur la forme que prendra cette participation. « Les Français ne veulent pas qu’on les enferme dans un second tour Macron-Le Pen », juge-t-elle. « Et puis, que donneraient cinq ans de plus avec Emmanuel Macron ? Depuis 2017, rien n’a changé en mieux. »

Réactions de la classe politique

Cette interview au vitriol n’a pas laissé la classe politique indifférente. Selon Le Canard enchaîné, Olivier Véran aurait qualifié les déclarations de la maire de Paris de « vieille politique ». Rachida Dati, ancienne candidate à la Mairie de Paris, a déclaré qu’Anne Hidalgo avait « sa part de responsabilité » dans ce fiasco.

Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale et députée LREM, a quant à elle moqué la propreté de Paris ou le nombre d’embouteillages de la capitale dans un tweet.