Emmanuel Macron à Jarnac pour rendre hommage à François Mitterrand, vingt-cinq ans après sa mort

SOUVENIR Ce 8 janvier marque les 25 ans de la mort de l’ancien président de la République socialiste, François Mitterrand

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron au cimetière de Jarnac, avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.
Emmanuel Macron au cimetière de Jarnac, avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste. — PHILIPPE LOPEZ / POOL / AFP

Deux mois après avoir rendu hommage au général de Gaulle, Emmanuel Macron célèbre vendredi le 25e anniversaire de la mort de François Mitterrand, un président qu’il évoque rarement, sauf pour son engagement européen. Le chef de l’Etat est attendu dans la matinée à Jarnac, la petite ville de Charente où l’ancien président est né en 1916 et où il a été inhumé le 11 janvier 1996, trois jours après son décès à Paris à l’âge de 79 ans.

Ce déplacement s’annonce sobre : à 11 h, il assistera à la traditionnelle cérémonie, avec dépôt d’une gerbe, devant le caveau familial dans le cimetière des Grands-Maisons, en présence d’une trentaine de personnes maximum, crise du Covid-19 oblige. Sont attendus Gilbert, l’un des deux fils de François, et Danielle Mitterrand, l’ex-président François Hollande, l’ancien ministre Hubert Védrine, actuel président de l’Institut Mitterrand, ainsi que Ségolène Royal et Olivier Faure, premier secrétaire du PS.

« On n’est pas dans la politique mais dans le politique »

Emmanuel Macron se rendra ensuite à la maison natale de François Mitterrand, transformée en musée. Il ne devrait pas prendre la parole au cours de ce déplacement, que l’Elysée présente comme « un temps d’hommage et de recueillement » de la part d’un président en exercice à un prédécesseur qui a occupé la fonction durant quatorze ans, de 1981 à 1995.

« On n’est pas dans la politique mais dans le politique », précise un conseiller, en jugeant que les « commentateurs » qui cherchent à y voir l’occasion d'« un clin d’œil » à la gauche sont « hors sujet ». Certains responsables socialistes soupçonnent Emmanuel Macron de vouloir profiter de cet anniversaire pour flatter leurs électeurs à l’approche de la présidentielle de 2022. A l’Elysée, on souligne que le chef de l’Etat « est dépositaire du legs commun » laissé par ses prédécesseurs et, en leur rendant hommage, contribue à « la construction de la mémoire partagée » des Français.

Une diplomatie « gaullo-mitterandienne »

Jusqu’à présent peu disert sur François Mitterrand, Emmanuel Macron, qui n’avait que 17 ans à son départ de l’Elysée en 1995, a récemment salué la « grande intuition » qu’a eu le socialiste en tentant de « dépasser le doute existentiel » des Français « par le rêve européen ». Il a également fait sienne l’une des formules les plus célèbres de l’ancien président : « Le nationalisme c’est la guerre. » Et affirmé que sa ligne diplomatique était « gaullo-mitterrandienne », basée sur l’affirmation de « l’indépendance » d’une France « qui soit crédible » sur la scène internationale et « forte en Europe ».

Dans l’héritage laissé par l’ancien président, Emmanuel Macron retient en outre l’abolition de la peine de mort et « l’apaisement de la vie démocratique » avec « la banalisation des alternances » aux élections, selon l’Elysée. Mais il regarde aussi « en face » un homme politique dont le parcours est « emblématique de toutes les complexités françaises », notamment par ses liens controversés avec le régime de Vichy au début de la Seconde Guerre mondiale. Le chef de l’Etat pourrait développer ces thèmes en marquant le 40e anniversaire de l’élection de François Mitterrand le 10 mai.