Vaccination : Non, un document de 58 pages n’est pas remis aux résidents des Ehpad, comme le soutient Gérard Larcher

FAKE OFF Le président du Sénat s'est indigné que le document de consentement à la vaccination contre le Covid-19 remis dans les Ehpad soit long de 58 pages. Le document est en réalité bien plus court

M.Co.

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Gérard Larcher, le président du Sénat, le 2 juillet 2020 à Paris.
Gérard Larcher, le président du Sénat, le 2 juillet 2020 à Paris. — Jacques Witt/SIPA

« Je voudrais vous parler de la simplification », lance, ironique, Gérard Larcher, sur le plateau des 4 Vérités, sur France 2, mercredi. A l’antenne, le président  (LR) du Sénat brandit alors un document, dont il assure qu’il fait 58 pages. Il le présente comme étant « le dossier vaccinal de consentement d’un résident [en Ehpad] qui est très proche à [son] cœur », à savoir celui de son père. « Quand on a dépassé 90 ans, avoir ce type de bureaucratie, c’est l’exemple que je conteste », ajoute-t-il.

La vaccination contre le Covid-19 révèle-t-elle à ce point la lourdeur de la bureaucratie française ? Pas sûr…

FAKE OFF

Le document d’information adressé aux résidents des Ehpad, disponible sur le site du ministère de la Santé, ne fait qu'une page. Celui pour recueillir le consentement à la vaccination est également très court, souvent une page, comme le montre cet exemple.

Le ministère de la Santé a, en revanche, préparé un document de 45 pages, que nous évoquions déjà ici, qui s’adresse aux directeurs des Ehpad et aux professionnels de santé. Ce document détaille le protocole de la vaccination. Le ministère a également publié un document de 60 pages sur le sujet à destination des professionnels de santé.

Si, comme l’assure Gérard Larcher, ce document a bien été donné à son père, il pourrait s’agir d’une initiative isolée de la part de cet Ehpad, souligne France Info, qui a demandé le document à l’équipe du président du Sénat, sans l’obtenir pour le moment.

Après cette intervention, LREM s'en est pris directement au sénateur LR sur Twitter, l’accusant de « fake news ».

La campagne de vaccination a commencé en France en ciblant les personnes résident en Ehpad et les soignants exerçant dans ces lieux et présentant un profil à risque. Elle a depuis été élargie.