Coronavirus : Dans l’incertitude, le gouvernement contraint de jouer la montre… Mais jusqu’à quand ?

EPIDEMIE Un Conseil de Défense est prévu mardi, mais le gouvernement pourrait attendre le 7 janvier avant de prendre de nouvelles mesures contre le coronavirus

T.L.G.

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Jean Castex et Bruno Le Maire.
Jean Castex et Bruno Le Maire. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • L’Elysée a indiqué qu’un nouveau conseil de défense sanitaire sera organisé ce mardi.
  • Cette réunion intervient dans un contexte tendu, alors que plusieurs élus, notamment dans le Grand Est, s’inquiètent d’un rebond de l’épidémie lié notamment aux fêtes de Noël.
  • « On en saura davantage vers le 3-4 janvier », assure Matignon, alors qu’un point d’étape est prévu le 7 janvier prochain.

Nos existences sont désormais jalonnées de dates, marquant les nouvelles étapes dans la lutte contre le coronavirus. L’Elysée a annoncé qu'un nouveau conseil de Défense sanitaire se tiendrait demain mardi, deux jours après les premières vaccinations en France contre le Covid-19.

Cette réunion intervient dans un contexte tendu, alors que plusieurs élus, notamment dans le Grand Est, s’inquiètent d’un rebond de l’épidémie. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, n’a lui-même pas exclu dimanche dans le JDD l’hypothèse d’un troisième confinement de la population. Mais l’exécutif pourrait attendre le 7 janvier prochain avant de prendre de nouvelles mesures.

« On en saura davantage vers le 3-4 janvier », dit-on à Matignon

« Le conseil de Défense permettra de faire un point d’étape sur la situation épidémique dans le pays, mais il est un peu tôt pour faire le bilan exhaustif des vacances de Noël. On en saura davantage vers le 3-4 janvier », dit-on à Matignon. Lors de sa dernière prise de parole à la mi-décembre, le Premier ministre, Jean Castex, avait annoncé que les cinémas, théâtres et musées devraient rester fermés jusqu’au 7 janvier au moins. Il s’agira alors d’une « clause de revoyure », comme l’a présenté la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. A savoir que les conditions sanitaires seraient réévaluées à ce moment-là, pour envisager ou non une réouverture de ces lieux. C’est également à cette date que les règles concernant le télétravail pourraient évoluer, si la situation s’améliore.

A l’entame des vacances de Noël, le gouvernement n’avait pas prévu de faire de nouvelles annonces d’ici-là. Mais Matignon reste prudent, alors qu’un rebond des contaminations semble se préciser dans le Grand Est, en Bourgogne-Franche-Comté et dans le département des Alpes-Maritimes. « On verra si le 7 janvier est tenable. Mais si les chiffres n’étaient pas bons du tout, on pourrait donner de la visibilité. Nous n’excluons aucune piste », dit-on prudemment, alors que certains élus appellent à davantage de restrictions dans les zones les plus touchées.

« C’est une situation difficile pour le gouvernement, car on est dans l’incertitude »

Dans cette période d’entre-deux, l’exécutif marche sur des œufs. Et garde les yeux rivés sur les chiffres épidémiques. « On observe la situation heure par heure », dit Olivier Véran dans le JDD. « Ces chiffres nous disent qu’il n’y a pas de progression alarmante, que le virus circule globalement moins, même si on est déçu que le nombre de contamination ne soit pas plus à la baisse », remarque la députée LREM d’Asie-Océanie-Europe orientale Anne Genetet, alors que le dernier pointage fait état de 3.100 nouveaux cas samedi, en plein week-end de Noël, mais de plus de 40.000 jeudi et vendredi. « On est suspendu à ces chiffres. En attendant, les Français doivent continuer leurs efforts et l’on saura aux alentours du 7 janvier s’il faut renforcer les mesures de restriction de brassage de population ou si, au contraire, on peut en lever certaines », ajoute la porte-parole du groupe à l’Assemblée.

Les autorités – et l’ensemble du pays – redoutent l’arrivée d’une troisième vague dans les semaines suivant la fin d’année. « Comment va-t-on encaisser la période des fêtes ? Il y a beaucoup de brassage de population, mais c’est aussi une période de suspension des activités professionnelles, personne ne va à l’école… », assure Erwan Balanant, le député MoDem du Finistère. « C’est une situation difficile pour le gouvernement, car on est dans l’incertitude. Il faut avoir l’humilité d’attendre les prochains résultats ».

Emmanuel Macron devrait donc se montrer très prudent lors de ses vœux de fin d’année, jeudi soir à 20h. « Le danger serait de faire des promesses de Gascon alors que l’on ne connaît pas encore l’impact des vacances. Donc je me demande bien ce qu’il va pouvoir nous dire ? », s’interroge un élu de la majorité. Le chef de l’Etat devrait évoquer l’un des espoirs contre l’épidémie : la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France et en Europe. Dont la date, cette fois-ci, est confirmée : elle a commencé dimanche dernier.