Une rencontre entre un conseiller d'Emmanuel Macron et Marion Maréchal critiquée

POLEMIQUE Ils ont déjeuné ensemble le 14 octobre à la brasserie parisienne Le Dôme

20 Minutes avec AFP

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Marion Maréchal à la Convention de la droite à Paris, le 28 septembre 2019.
Marion Maréchal à la Convention de la droite à Paris, le 28 septembre 2019. — Michel Euler/AP/SIPA

Un déjeuner entre un conseiller d'Emmanuel Macron, Bruno Roger-Petit, et l’ancienne députée d’extrême droite Marion Maréchal, révélé par Le Monde, a suscité des critiques jusque dans la majorité, ce lundi.

Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire du chef de l'Etat, a invité la nièce de Marine Le Pen à déjeuner le 14 octobre à la brasserie parisienne Le Dôme, ont confirmé les deux convives.

Une rencontre « à titre personnel »

Selon Marion Maréchal, Bruno Roger-Petit a souhaité la rencontrer « par curiosité », par l’intermédiaire d’un « ami commun ». Mais l’ancienne élue du Vaucluse juge qu’il n’y a « rien à raconter » sur ce repas qu’elle ne veut pas commenter. Bruno Roger-Petit a confirmé avoir payé l’addition. Il a rencontré Marion Maréchal « à titre personnel », pour savoir « si elle était en résonance avec l’état de l’opinion – ce qui n’est pas le cas ». « J’ai dû constater que nous étions en désaccord. C’est un peu ce que Xavier Bertrand (président ex-LR des Hauts-de-France) a fait quand il a rencontré Eric Zemmour », essayiste ami de Marion Maréchal, a-t-il fait valoir au Monde.

L’Elysée n’a pas souhaité commenter la rencontre, soulignant qu’elle avait été organisée par Bruno Roger-Petit à titre tout à fait « personnel ». Marion Maréchal, qui a quitté le Rassemblement national et mène une « bataille culturelle » des idées à la tête d’une école de sciences politiques à Lyon, ne sera pas candidate à la présidentielle de 2022 mais ne s’interdit pas de revenir un jour en politique.

« Maurras et Pétain n’étaient pas dispo… »

« Avec l’extrême droite, on ne discute pas, on ne transige pas. On la combat », a critiqué Hugues Renson, vice-président LREM de l’Assemblée nationale, dans un tweet où il cite l’ex-président Jacques Chirac qui, en avril 2002, avant le second tour de la présidentielle face à Jean-Marie Le Pen, avait déclaré : « Je ne peux pas accepter la banalisation de l’intolérance et de la haine ». « Il y a des gens qu’on ne "sonde" pas "à titre personnel", on les combat à titre collectif. Marion Maréchal et toute sa clique en font clairement partie », a tranché Astrid Panosyan, cofondatrice du parti présidentiel, dans un tweet « liké » par le secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune et relayé par l’ancien patron des députés LREM Gilles Le Gendre.

« Maurras et Pétain n’étaient pas dispo… », a ironisé sur Twitter Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.

« Le macronisme, face à l’extrême droite, un rempart ? Non, un rencard… », a déploré le député LFI Alexis Corbière.

« Plutôt une passoire », a critiqué son homologue Clémentine Autain, ou « une rampe d’accès au pouvoir », selon le porte-parole du PCF Ian Brossat.

Des députés ex-LREM ont aussi mis en garde : « Ça glisse…. », a alerté Matthieu Orphelin, tandis que pour Aurélien Taché, « le "national-libéralisme" de Guillaume Larrivé, trop à droite pour Les Républicains lors de leur dernier congrès, sera donc bientôt le barycentre du pouvoir… ».