Coronavirus : La France dément s’être opposée à la commande de doses supplémentaires du vaccin Pfizer/BioNTech

FAKE OFF Le ministre allemand de la Santé aurait poussé pour que l’UE achète davantage de doses de ce vaccin, mais la France s’y serait opposée. La Commission européenne et le gouvernement français ont démenti

Mathilde Cousin

— 

Une infirmière est vaccinée contre le Covid-19 avec le vaccin de Moderna, le 21 décembre, à Hartford, aux Etats-Unis.
Une infirmière est vaccinée contre le Covid-19 avec le vaccin de Moderna, le 21 décembre, à Hartford, aux Etats-Unis. — Jessica Hill/AP/SIPA
  • Le magazine allemand Der Spiegel a révélé que le ministre allemand de la Santé aurait poussé pour que l’UE achète davantage de doses du vaccin anti-Covid de Pfizer/BioNTech, mais que la France s’y serait opposée.
  • Clément Beaune, le secrétaire d’Etat en charge des affaires européennes, a démenti.
  • La Commission européenne a commandé 300 millions de doses du vaccin de l’alliance Pfizer/BioNTech.

Les premiers vaccins contre le Covid-19 doivent être administrés dimanche dans l’UE. L’Agence européenne des médicaments, puis la Commission européenne, ont en effet validé mardi la mise sur le marché du vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech.

Une autorisation qui intervient sur fond de polémique entre la France et l’Allemagne au sujet des commandes de vaccins. Le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, aurait poussé pour que l’Europe acquiert davantage de doses du vaccin Pfizer/BioNTech, selon le magazine allemand Der Spiegel. Toujours d'après la publication, le ministre aurait été freiné par plusieurs pays, dont la France, au motif notamment que l’UE avait déjà conclu un marché pour obtenir 300 millions de doses du vaccin développé par le laboratoire français Sanofi et le britannique GSK.

« Faux »

« C’est faux », a répliqué lundi Clément Beaune, le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes. « Jamais la France, ni l’Allemagne, ni aucun pays n’a demandé à baisser des doses des contrats qu’on aurait signés avec tel ou tel laboratoire. »

Auprès du magazine allemand, la Commission européenne a également démenti. Cette dernière a signé cette année six contrats d’approvisionnement de vaccins contre le Covid-19. Elle a commandé 200 millions de doses auprès de Pfizer/BioNTech pour tous les Etats membres, auxquels doivent s’ajouter 100 millions de doses supplémentaires. Ce total de 300 millions de doses ne sera pas suffisant pour couvrir l’ensemble de la population de l’UE, d’autant plus que ce vaccin requiert deux injections.

La Commission a par ailleurs choisi de diversifier l’offre vaccinale, en commandant des doses auprès de plusieurs laboratoires, au risque de prendre du retard sur d’autres pays, comme les Etats-Unis, qui ont rapidement passé commande de 100 millions de doses auprès de Pfizer et BioNTech.

Ce qui fait également grincer des dents en Allemagne, rapporte le Spiegel, c’est le calendrier de signature de ces contrats. Celui avec Pfizer/BioNTech a été conclu le 11 novembre, alors que celui avec Sanofi-GSK (les 300 millions de doses citées plus haut) remonte au 18 septembre. Pfizer et BioNTech avaient dévoilé des résultats partiels le 9 novembre, annonçant une efficacité de leur vaccin à 90 %, sans toutefois publier les données dans une revue scientifique à comité de lecture.

Le vaccin de Sanofi-GSK repoussé

Le contrat avec Moderna, laboratoire américain très avancé dans ses essais de vaccin, a été signé le 25 novembre. La Commission s’est assurée de la livraison de 80 millions de doses, avec la possibilité d’en commander 80 millions supplémentaires.

Le vaccin développé par Sanofi-GSK, lui, ne sera pas disponible avant le quatrième trimestre de 2021, ont indiqué les deux laboratoires le 11 décembre. Sa mise à disposition était initialement prévue « au début du deuxième semestre » de l’année prochaine. Un report qui ne remet pas en cause, pour l’heure, le contrat signé avec la Commission Européenne.