Marseille : Le socialiste Benoît Payan élu maire à l’issue d’un vote sans opposition

POLITIQUE A la tête du Printemps Marseillais, Benoît Payan a obtenu 53 voix, soit la majorité absolue, tandis que la droite n’a pas pris part au vote

Caroline Delabroy

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Benoît Payan, le 47e maire de Marseille
Benoît Payan, le 47e maire de Marseille — AFP
  • A 42 ans, Benoît Payan a été élu plus jeune maire de Marseille ce lundi. Il prend la suite de Michèle Rubirola.
  • Si les élus LR ou RN n’ont présenté aucun candidat. Ceux-ci ont dénoncé lors du conseil municipal un « déni de démocratie » ou « un cambriolage soigneusement préparé ».
  • Le nom de Jean-Claude Gaudin n’a pas été cité ce matin lors de l’élection de Benoît Payan. Pourtant l’ancien édile s’est rappelé aux bons souvenirs de la ville via un communiqué.

Sans surprise, il a fait le plein de voix à gauche. Le socialiste Benoît Payan est devenu ce lundi le 47e maire de Marseille avec une majorité absolue de 53 voix. Avec soulagement sans doute, l’écologiste Michèle Rubirola l’a revêtu de l’écharpe tricolore avant de prendre place à ses côtés au siège de premier adjoint, fonction qu’elle occupe désormais au sein de l’exécutif marseillais.

L’opposition de droite n’a finalement pas présenté de candidat contre Benoît Payan. Les élus LR ont préféré quitter l’hémicycle et ne pas prendre part au vote. En sa qualité de doyen, Guy Teissier (LR) a présidé la séance et, contrairement aux usages, s’est lancé dans une tirade introductive qui a vite pris des accents politiques. « Vos membres électeurs pourront-ils comprendre qu’après avoir voté pour une femme écologiste, ils pourraient se retrouver avec un maire homme et socialiste. J’y vois comme une forme de déni de démocratie », a-t-il fustigé

Un « cambriolage soigneusement préparé », dénonce le RN

Après le vote, Stéphane Ravier (RN) a lui dénoncé un « cambriolage soigneusement préparé », « une véritable supercherie, une tromperie ». Il n’a pas non plus participé au vote, tout comme les huit autres conseillers RN, mais le groupe est cette fois resté dans l’hémicycle alors qu’il l’avait quitté en juillet. Pas de quoi perturber le désormais nouveau maire de Marseille, qui s’est efforcé lors de son discours d’investiture de mettre en avant le collectif du Printemps marseillais, paraissant presque en retrait.

Avec une voix assez atone, il a rappelé être « membre d’une majorité qui défend une ville plus verte, plus juste et plus démocratique ». « On dit de moi que je suis un professionnel de la politique, cet engagement je l’assume et je le revendique, j’ai fait le choix à 20 ans de devenir un militant de gauche. J’ai consacré ma vie au combat pour ce qui est juste », a-t-il encore ajouté. Sur son projet, il a fixé deux priorités : « rassembler les Marseillais en combattant les injustices et dessiner l’horizon d’une ville durable ». « Marseille ne sera plus la ville la plus inégalitaire du pays et la ville la plus polluée de France », a-t-il insisté.

Et Gaudin adoube Payan

Après cette élection, un second conseil municipal classique s’est tenu. Benoît Payan a souhaité raccourcir le délai entre les deux, comme s’il était pressé d’entrer dans le vif du sujet. Il n’a en tout cas pas exercé son art oratoire en coulisses, préférant laisser à ses adjoints le soin de répondre aux questions des journalistes.

Pendant ce temps-là, un communiqué de Jean-Claude Gaudin, dont le nom n’aura pas été prononcé une fois, est tombé. Il dit ceci : « La politique est partout mais la politique n’est pas tout […]. Nous nous sommes souvent opposés mais j’ai pu constater qu’il possédait les qualités nécessaires pour diriger la ville, la volonté de fédérer et d’agir, la maîtrise et la détermination face aux situations difficiles ». Voici Benoît Payan adoubé.