Rassemblement national : Deux recrues de Marine Le Pen créent le Parti localiste

PARTIS Hervé Juvin et Andrea Kotarac veulent y parler écologie, identité ou territoires, en « complément » du RN

20 Minutes avec AFP

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Rassemblement national : Deux recrues de Marine Le Pen créent le Parti localiste
Rassemblement national : Deux recrues de Marine Le Pen créent le Parti localiste — Louise MERESSE/SIPA

Deux recrues de Marine Le Pen lors des élections européennes de 2019 vont créer le Parti localiste, pour développer des thématiques sur l’écologie, l’identité ou les territoires, en « complément » du Rassemblement national, traditionnellement plus centralisateur.

L’eurodéputé élu avec le soutien du RN Hervé Juvin, inspirateur du parti sur l’écologie civilisationnelle, et son assistant parlementaire, ancien conseiller régional LFI, Andrea Kotarac, vont lancer en janvier ce mouvement, a appris l’AFP auprès des deux responsables, confirmant des informations publiées mardi par Le Parisien et Le Figaro.

« Le renouveau du localisme »

Hervé Juvin et Andrea Kotarac publient en outre un manifeste nommé « Chez nous ! », proche du slogan identitaire parfois entendu dans les meetings du RN « On est chez nous ! ».

Estimant que les « Français n’ont plus leur mot à dire » face à une « technocratie parisienne hors sol » et ont un « sentiment de dépossession et de colère », les deux responsables veulent promouvoir « une décision au plus près de territoires, l’écologie authentique ou les circuits courts ». Ils assurent que « le renouveau du localisme et des identités est un facteur d’intégration ». « "Chez nous !" c’est l’inverse de vivre seul avec son écran, c’est ensemble au café du coin, à la sortie de l’école ou au match de football », fait valoir Hervé Juvin.

Pas « contre le RN, mais à côté »

Leur initiative n’est pas dirigée « contre le RN mais à côté, en complément » du parti, que Marine Le Pen, candidate à l’Elysée, envisage elle-même de quitter pour la campagne présidentielle.

Le RN, qui est culturellement « très exigeant sur les fonctions régaliennes, sur la centralisation et la verticalité, a besoin de transformer sa vision du pouvoir en intégrant ce besoin d’horizontalité et de différenciation locale », soutient l’eurodéputé, qui n’a pas sa carte au RN.

« C’est parce qu’on est fier de la petite patrie », c’est-à-dire le village ou la région, « qu’on peut défendre la grande patrie », renchérit Andrea Kotarac, qui défend un « renforcement d’idées, de crédibilité » sur l’intelligence artificielle, la subsidiarité, l’Europe ou encore la justice sociale « que le RN ou d’autres partis ne portent pas assez ».

Ils ont informé de leur initiative Marine Le Pen qui, interrogée, salue « une démarche partenaire qui permet de donner au concept essentiel de localisme une autonomie et une visibilité bienvenues ». Quant au rôle de cette structure pour la présidentielle, c’est Marine Le Pen « qui le décidera », selon Andrea Kotarac.