Outre-mer : Le système scolaire critiqué par la Cour des comptes

EDUCATION Dans une enquête, la Cour des comptes souligne les spécificités des académies ultramarines

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une école.
Illustration d'une école. — Pixabay / ArtTower

Coûts supérieurs, résultats inférieurs, temps d’enseignement réduit, conditions difficiles… Un rapport de la Cour des comptes, publié le 10 décembre, pointe les défaillances du système scolaire dans les cinq académies d’Outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane et Mayotte).

Réalisée pour la Commission des finances du Sénat, cette enquête souligne les spécificités des académies ultramarines : éloignement de la métropole, climat, relief ou configuration archipélagique, équipements collectifs défectueux, taux de pauvreté et de chômage importants, etc.

Des écarts considérables avec la métropole

« L’enseignement est dispensé dans des conditions plus difficiles qu’en métropole », note le rapport, avec un « taux faible de remplacement des absences des enseignants », et un « temps d’enseignement plus court », « bien que le ministère ne dispose pas de décompte précis ».

Il pointe que les taux d’accès au brevet et au bac « se sont améliorés », mais que « les évaluations de niveau montrent des écarts considérables ». 21,5 % des élèves entrant en 6e à La Réunion ont une maîtrise insuffisante ou fragile du français, 25 % à la Martinique, 28,7 % à la Guadeloupe, 44,2 % en Guyane et 75,4 % à Mayotte, contre 13,3 % au niveau national.

Le dispositif d’éducation prioritaire en cause

La Cour constate pourtant un coût annuel par élève ultramarin « supérieur d’environ 30 % à la moyenne nationale », en raison des « surrémunérations » des fonctionnaires en outre-mer, et de l’extension du dispositif d’éducation prioritaire « à environ la moitié du territoire à la Martinique et à La Réunion et à la quasi-totalité de Mayotte et de la Guyane ».

Pourtant, « les moyens de l’éducation nationale ne sont pas ajustés aux besoins », note-t-elle. L’éducation prioritaire « ne semble plus l’outil approprié », notamment à Mayotte et en Guyane où « de lourdes contraintes (manque de formateurs, distances, rotation des enseignants, etc.) annihilent ses aspects positifs ». La Cour souhaite laisser plus de marge aux recteurs. Elle appelle aussi le ministère, « comme il s’y emploie pour les concours dérogatoires d’enseignants à Mayotte aujourd’hui et en Guyane demain, à assouplir les règles de recrutement ».