Marseille : La maire Michèle Rubirola démissionne pour raisons « de santé »

POLITIQUE La maire de la deuxième ville de France songeait visiblement à cette démission depuis plusieurs semaines

Mathilde Ceilles

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Michèle Rubirola devant la mairie de Marseille
Michèle Rubirola devant la mairie de Marseille — Alain ROBERT/SIPA
  • Michèle Rubirola a été élue maire de Marseille le 6 juillet dernier.
  • L’édile a annoncé sa démission ce mardi lors d’une conférence de presse.
  • Elle a également désigné son premier adjoint Benoît Payan, comme son successeur.

La rumeur n’a cessé d’enfler ce mardi, avant de se muer en séisme politique. Six mois après avoir été élue maire de Marseille, Michèle Rubirola ne sera plus maire. L’écologiste a en effet décidé de quitter ses fonctions ce mardi, à la surprise quasi générale.

La maire songeait visiblement à cette démission depuis plusieurs semaines, mais tout s’est accéléré ces derniers jours. Dimanche soir, Michèle Rubirola a convoqué dans son bureau de maire sa garde rapprochée, les historiques du Printemps marseillais que sont Olivia Fortin, quatrième adjointe, Sophie Camard, maire du premier secteur, Jean-Marc Coppola, cinquième adjoint, et Benoît Payan, premier adjoint, pour leur faire part de sa décision.

Pas suffisamment maire ?

Puis ce mardi, à 14h30, les 44 élus du groupe Printemps marseillais ont appris officiellement la décision de la maire. Avant une prise de parole devant la presse de dernière minute, durant laquelle Michèle Rubirola a officialisé sa démission.

Maire de la deuxième ville de France, chef d’une collectivité criblée de dettes, capitaine d’un navire particulièrement frappé par la crise sanitaire… A écouter Michèle Rubirola dérouler son discours avec une certaine émotion, ç’en était visiblement trop pour la médecin de profession affaiblie par des problèmes de santé. Ses mots laissent transpirer une étrange impression : celle qu’elle ne se sent pas à la hauteur de la tâche immense qui lui était confiée.

« J’ai connu dès l’été les premières difficultés liées à ma santé », rappelle ainsi la maire. « Ces épreuves (de santé) limitent l’énergie que je peux mobiliser. Être maire de Marseille c’est 300 % de son temps, j’en donne 150 %. » Et de lancer : « Il y a en médecine les spécialistes du temps long et les urgentistes, explique la médecin de profession. Je suis de la première catégorie. Et c’est de la seconde dont nous avons besoin à Marseille. »

Des rumeurs de longue date

Les débuts de Michèle Rubirola en tant que maire avaient été marqués par une absence de plus d’un mois dès septembre. A la fin de cette longue convalescence imposée par une intervention chirurgicale, un article du Monde avait fait grand bruit, affirmant que la maire n’avait prévu de rester que trois mois à la tête de la deuxième ville de France.

Interrogée par les journalistes sur une possible démission durant son mandat, l’édile avait alors eu une réponse surprenante : « Ecoutez, à moins que je meure demain… Je dis "ici et maintenant". Carpe Diem. Si demain, je me fais écraser je ne serais pas là. Si je ne me fais pas écraser, je serais toujours là. »

On est venu me chercher

Pendant la campagne, Michèle Rubirola n’avait jamais caché le fait qu’elle ne nourrissait aucune ambition pour être la première magistrate de Marseille. « Certains [du Printemps marseillais] étaient là pour être tête de liste, confiait en effet l’édile à 20 Minutes dans une interview publiée durant l’entre-deux tours. Moi, non. J’étais là pour participer. Être adjointe à la santé, moi, j’étais plutôt partie pour ça. » D’ailleurs, la semaine dernière, comme l’avait révélé La Marseillaise, Michèle Rubirola avait décidé de s’attribuer cette délégation jusqu’ici confiée à l’écologiste Christine Juste.

La désignation de Michèle Rubirola comme tête de liste du Printemps marseillais s’était faite après un long et difficile processus d’union de la gauche pour mettre fin aux vingt-cinq années au pouvoir de la droite conduite par l’ancien maire Jean-Claude Gaudin. Leader du Parti socialiste local, l’actuel premier adjoint Benoît Payan, contesté par d’autres élus de gauche, avait renoncé à être tête de liste aux municipales pour permettre cette union d’une partie de la France Insoumise au PS. Il est désormais le dauphin désigné par l’éphémère maire, qui souhaite récupérer sa place de premier adjoint.