Sécurité : Rachida Dati fustige « l’amateurisme juridique et politique » du gouvernement

DEZINGUAGE L’ancienne garde des Sceaux et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris critique notamment le projet de loi contre le séparatisme et la proposition de loi sécurité globale

20 Minutes avec AFP

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Rachida Dati, le 15/03/2020.
Rachida Dati, le 15/03/2020. — Philippe LOPEZ / POOL / AFP

« Repères d’autorité remis en cause », inefficacité de la lutte contre les violences et risque d’une « surveillance généralisée » : l’ex-ministre LR Rachida Dati juge que « ce gouvernement, c’est l’amateurisme juridique et politique », dans un entretien au Parisien dimanche.

Interrogée sur l’expression de « violences policières » employée par Emmanuel Macron, Rachida Dati estime que « le président de la République ne doit pas dire cela » car il « affaiblit l’autorité de la police ». « Il oublie aussi que les forces de sécurité sont épuisées et sont devenues le dernier rempart dans un pays où tous les repères d’autorité sont remis en cause », selon la maire du 7e arrondissement de Paris.

Elle égratigne Darmanin

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi pour la troisième semaine consécutive en France pour dénoncer la très controversée proposition de loi « sécurité globale », à leurs yeux « liberticide », et le projet de loi du gouvernement sur le séparatisme. Il n’y a pas eu cette fois d’incidents majeurs.

Selon Rachida Dati, « s’agissant des black blocs, les policiers et les préfets les connaissent. Il faudrait pouvoir les arrêter préventivement ». Or, pointe-t-elle comme exemple de « l’amateurisme » du gouvernement, « il y a des mesures préventives qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel, non pas sur le fond mais parce que leurs imprécisions ouvraient un champ trop large ». « La politique de Gérald Darmanin se résume à faire des tweets en disant que les casseurs sont des « méchants » ! », lance-t-elle.

Elle recommande des mesures plus ciblées

Au sujet des trois décrets récents élargissant le fichage pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », critiqués à gauche et par les défenseurs des libertés publiques, l’ancienne ministre de la Justice de Nicolas Sarkozy juge également que « le champ est très large, ce qui peut conduire à une surveillance généralisée ». « C’est plus facile de limiter un peu les libertés de tout le monde que de limiter fermement les libertés de ceux qui nous menacent », relève-t-elle.

Concernant le projet de loi contre le séparatisme, présenté mercredi en Conseil des ministres, ce texte « n’aura d’efficacité que si on arrive à casser les logiques communautaires », fait-elle valoir. Rachida Dati préconise « une politique de peuplement qui limite les effets d’accumulation de problèmes sociaux, ethniques et migratoires au même endroit ». Pour cela, « il faut revoir les critères d’attribution des logements sociaux et la politique migratoire ».