Manifestation : Eric Dupond-Moretti annonce « travailler » sur un texte pour lutter contre les violences des casseurs

PROJET Samedi, des violences ont éclaté lors de la manifestation contre la loi sur la sécurité globale

20 Minutes avec AFP

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Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice
Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice — Jacques Witt/SIPA

Après un samedi de manifestation contre la loi sur la sécurité globale émaillée de violences et dégradations, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a indiqué, ce mercredi, « travailler » sur un texte pour « renforcer le dispositif » de lutte contre les casseurs lors des manifestations.

« On va réunir très prochainement les procureurs, les policiers, les préfets. J’ai lancé cette initiative pour qu’on puisse mieux travailler ensemble » et « renforcer le dispositif », a déclaré Eric Dupond-Moretti sur France Inter.

Dégâts collatéraux et absence de preuve

Samedi, les images de violences ont ému une grande partie de l’opinion et de l’échiquier politique. L’intervention des forces de l’ordre face aux casseurs pose deux problèmes selon le ministre : celui des « risques de dégâts collatéraux » – avec des manifestants non concernés qui se retrouvent violentés – et le « problème de la preuve ».

« Autrefois, nous avions mis en œuvre une intervention préventive sur autorisation du procureur de la République. Elle a porté ses fruits. On ouvrait les sacs et on y découvrait des masques, des armes, des marteaux, du gaz lacrymogène, des vêtements noirs, des cagoules », a rappelé le ministre. « Or, ceux-là ce sont organisés », a poursuivi le ministre, « ils viennent clairsemer leurs outils, la veille, l’avant-veille » puis se « glissent dans la manifestation au côté de gens honnêtes ». « Je travaille [à un texte] avec méthode et précision », a ajouté Eric Dupond-Moretti.

« Texte ne veut pas dire loi, ça peut être plutôt un décret ou circulaire »

La veille, le Premier ministre Jean Castex avait déclaré à l’Assemblée nationale que le gouvernement allait « remettre l’ouvrage sur le métier pour trouver la solution la plus adaptée pour que cessent ces comportements inadmissibles », jugeant que ça faisait « trop de temps que ces casseurs s’immiscent dans les manifestations ».

En 2019, le Conseil constitutionnel avait censuré un article d’une proposition de loi « anticasseurs » portant sur l’interdiction administrative de manifester. « Attention, texte ne veut pas dire loi, ça peut être plutôt un décret ou circulaire », a-t-on précisé dans l’entourage du ministre. « Une réflexion a été lancée avec le ministère de l’Intérieur, le préfet de Paris et le parquet de Paris ». « L’objectif est de judiciariser en amont pour permettre le démantèlement des réseaux et identifier les actes préparatoires », a précisé une source proche du dossier.

LR propose des brigades anti-Black Blocs

Plus que la question du maintien de l’ordre ou de l’action des Black Blocs, l’idée est de mieux décortiquer ce groupe et son organisation pour « prendre le problème à la racine », selon la même source. « On peut améliorer la législation, mais les grandes difficultés sont des difficultés de terrain, de mise en œuvre pratique, d’interpellations, de montage de procédures », a souligné la députée LREM Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des lois, devant l’Association des journalistes parlementaires (AJP).

« Aujourd’hui, l’angle mort est moins la dimension sécuritaire que la dimension judiciaire. C’est celui-là qu’il faut traiter. Il y a une défaillance dans la judiciarisation », a estimé Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR, à l’origine de la proposition de loi « anticasseurs ». « C’est pourquoi je propose des brigades anti-Black Blocs spécialisées. Pour qu’il y ait un suivi de chaque individu, exactement comme le font les services de renseignements, en amont, en aval de chaque manifestation (…), par exemple pour prouver la récidive, en infiltrant les bandes, pour détecter les profils et en faisant une veille sur les réseaux sociaux, en réalité en effectuant un travail de police judiciaire », a-t-il poursuivi.