Loi « sécurité globale » : De Mélenchon à Jadot, la gauche réclame à l'unisson le retrait du texte

MOBILISATION Des dizaines de milliers de personnes sont manifestées samedi dans toute la France contre la loi plébiscitée par les syndicats policiers, et soutenue par la droite et l’extrême droite

B.Ch. avec AFP

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Manifestantes contre la loi de « sécurité globale » le 28 novembre à Paris
Manifestantes contre la loi de « sécurité globale » le 28 novembre à Paris — Francois Mori/AP/SIPA

La gauche a mis samedi de côté ses divergences pour réclamer à l’unisson dans la rue le retrait de la proposition de loi « sécurité globale » et condamner de récentes interventions policières violentes révélées par des vidéos.

« Aujourd’hui, s’il y a de l’honneur, il doit se trouver dans le retrait du texte et pas dans son maintien », quand notamment « le risque c’est de créer de l’incompréhension et des violences », a affirmé l’ancien président socialiste François Hollande au journal La Montagne, en rappelant que lui-même avait dû retirer un texte sur la déchéance de la nationalité en 2016.

Une loi « disproportionnée »

Plébiscité par les syndicats policiers, soutenu par la droite et l’extrême droite, le texte suscite une levée de boucliers à gauche et chez les défenseurs des libertés publiques, qui y voient « une atteinte disproportionnée » à la liberté d’informer et le signe d’une dérive autoritaire de la Macronie, et ont manifesté par dizaines de milliers samedi.

Devant la polémique qui divise jusqu’à la majorité, le gouvernement avait créé une commission indépendante chargée de réécrire l’article, provoquant cette fois l’ire des parlementaires, présidents du Sénat et de l’Assemblée compris, avant de renoncer à ce qu’elle touche au texte législatif.

Partis de gauche rassemblés

Dans le cortège parisien, le député européen EELV Yannick Jadot a demandé qu’Emmanuel Macron « entende » les « garants de l’Etat de droit » et favorise le retrait de la proposition de loi, réclamé aussi par le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, un moment à ses côtés.

Comme le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot a réclamé le départ du préfet de police Didier Lallement « qui incarne toutes ces dérives liberticides », et souhaité que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) devienne un organisme « indépendant ».

Jean-Luc Mélenchon a réclamé une « refonte » de la police, quand Yannick Jadot évoquait une « grande loi de protection républicaine » pour les forces de l’ordre.

« Le président de la République doit choisir s’il est Darmanin, Lallement, ou si au contraire il est un républicain qui s’assume », a affirmé Olivier Faure qui ne réclame pas le départ du préfet mais dénonce, comme le député LFI Adrien Quatennens, une « dérive autoritaire » du pouvoir.