Présidentielle 2022 : Avec sa « primaire des idées », Olivier Faure court toujours après le rassemblement de la gauche

ELECTION Le premier secrétaire du Parti socialiste évoque auprès de « 20 Minutes » sa stratégie de rassemblement pour la présidentielle de 2022

Laure Cometti et Thibaut Le Gal

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Olivier Faure au siège du PS.
Olivier Faure au siège du PS. — NICOLAS MESSYASZ. SIPA pour 20MINUTES
  • A moins de 18 mois de l’élection présidentielle, Olivier Faure souhaite mettre le Parti socialiste en ordre de bataille.
  • Alors que Les Verts et les insoumis sont déjà lancés dans la campagne, le premier secrétaire plaide toujours pour une candidature de rassemblement à gauche.
  • Le député de Seine-et-Marne propose une « primaire des idées » mais ne tranche pas la délicate question de la désignation d’un éventuel candidat commun.

La gauche se met en ordre de bataille pour la présidentielle de 2022… mais chacun de son côté. Jean-Luc Mélenchon est déjà candidat, les écologistes organiseront leur primaire avant fin septembre 2021. Et au Parti socialiste ? Pour l’instant, Olivier Faure prend son temps. Malgré la pression, le patron du PS plaide toujours pour un rassemblement à gauche. Le premier secrétaire prend la parole ce mardi en Conseil national pour évoquer la stratégie du parti pour l’élection suprême. « 2021 doit être l’année d’un big bang pour la gauche et l’écologie. On ne peut pas continuer comme ça et se résigner à revivre un second tour Macron-Le Pen », assure-t-il à 20 Minutes.

Olivier Faure se désole de la multiplication des candidats à gauche. « Il y en a beaucoup – même un par semaine – qui expliquent qu’avec eux, la gauche et l’écologie vont l’emporter. Personne n’y croit. Il y a neuf ou dix candidats plus ou moins déclarés, trois chez les écolos… Tout ça est absurde », ajoute-t-il. Pour éviter cette dispersion et l’échec de la gauche dès le premier tour, le patron du PS a fixé sa feuille de route.

Une « primaire des idées » et un changement de nom

Le député de Seine-et-Marne veut, dans un premier temps, « commencer à écrire le projet socialiste » dans les mois à venir, en organisant « 500 rencontres avec des Français dans tout le pays. » « Il y aura une plateforme numérique pour qu’ils puissent faire leurs propositions, que nous pourrons intégrer au programme », précise-t-il. Mais Olivier Faure est allé plus loin, ce mardi matin sur France Inter, en appelant à une véritable transformation de sa formation politique. Il faut « sans tabou nous poser toutes les questions », évoquant une refonte des institutions et même un changement de nom du Parti socialiste, « aujourd’hui mal compris, rattaché à des mesures, des époques, et qui ne dit plus ce que nous sommes devenus ».

Dans un deuxième temps, l’élu socialiste prévoit d’organiser une « primaire des idées » pour rassembler la gauche. « Après avoir affirmé notre projet, nous rencontrerons les autres forces qui recherchent sincèrement le rassemblement à gauche et chez les écologistes. Il restera forcément des sujets de désaccords. Et bien je suggère que nous appelions les Français à les trancher eux-mêmes », indique-t-il à 20 Minutes. Cette trouvaille du premier secrétaire soulève toutefois de nombreuses questions sur l’organisation d’un tel processus : combien de sujets seraient mis en débat ? Comment seraient-ils sélectionnés ? Qui pourra voter et comment s’organiseraient les votes ?

La question du candidat simplement repoussée

La proposition du socialiste n’a pas suscité des réactions publiques ce mardi chez les autres formations de gauche, dont le calendrier est déjà fixé. Elle arrive même dans un climat tendu, sur fonds de polémique autour des questions de laïcité, notamment entre la maire de Paris Anne Hidalgo et ses alliés écologistes. Et si, avec sa « primaire des idées », Olivier Faure dit vouloir éviter « le bal des ego », il ne tranche pas la question du mode désignation d’un éventuel candidat commun à gauche.

Sur Twitter, Guillaume Lacroix, le président du Parti radical de gauche, traditionnel allié du PS, a de nouveau appelé à l’organisation d’une primaire classique. « Je ne pense pas que l’on puisse dissocier idées et porteurs ou porteuses d’idées. Une primaire permettrait d’associer les deux », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, cette stratégie reste vivement critiquée au sein même du Parti socialiste. « Il y a urgence. La stratégie d’Olivier Faure nous mène dans une impasse », a réagi Hélène Geoffroy, maire de Vaulx-en-Velin et seule concurrente d’Olivier Faure pour le poste de premier secrétaire. Le sénateur PS Rachid Temal demande lui aussi que s’engage « le processus d’une primaire », et insiste : « Il faut un candidat socialiste en 2022. »