Télétravail : Le patronat revoit sa copie avant la réunion de négociation

DIALOGUE SOCIAL Une réunion de négociation est prévue ce lundi à 15 heures entre les syndicats et le patronat

20 Minutes avec AFP

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Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.
Le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux. — BERTRAND GUAY

Juste avant une dernière réunion de négociation, le patronat a revu sa copie sur le télétravail, accédant à quelques demandes des syndicats, notamment sur les accidents du travail, selon le projet amendé.

Dans la nuit de dimanche à lundi, quelques heures avant la réunion prévue ce lundi à 15 heures, le patronat (Medef, CPME, U2P), a fait parvenir aux syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) son projet d’accord national interprofessionnel (ANI) « pour une mise en œuvre réussie du télétravail ».

Plusieurs « lignes rouges » pour les syndicats

Il comporte quelques changements par rapport au document initial, qui avait fait l’objet d’une avant-dernière réunion de négociation tendue, mardi dernier. Le patronat ne propose plus un assouplissement de la législation sur les accidents du travail (actuellement imputables à l’employeur), ce qui était une « ligne rouge » pour toutes les organisations syndicales. « La présomption d’imputabilité […] s’applique également en cas de télétravail », indique désormais le document de travail.

Lorsque le télétravail est mis en place « en cas de circonstances exceptionnelles ou de force majeure » (pandémie, catastrophes naturelles, destructions des locaux d’une entreprise), plus question non plus de revenir sur les délais de consultation des instances représentatives du personnel. C’était une autre « ligne rouge » pour les syndicats. Ils insistaient aussi sur le fait que tout accord soit écrit. Alors que le texte continue d’indiquer qu’il doit être formalisé « par tout moyen », la formulation est complétée par « l’utilité de recourir à un écrit, quel qu’il soit ».

L’éligibilité des postes au télétravail

Concernant les frais, le patronat semble faire un pas vers les syndicats, qui réclamaient que ce sujet fasse l’objet d’une négociation en entreprise. Le document souligne que leur prise en charge « éventuelle » peut être, « le cas échéant, un sujet de dialogue social au sein de l’entreprise ». S’il y a une allocation forfaitaire, il faut qu’elle soit « exonérée de cotisations et contributions sociales ». Sur la réversibilité, qui permet à un salarié de mettre fin au télétravail, il n’y a pas de changement dans la formulation, alors que les syndicats souhaitent qu’elle précise que le salarié puisse revenir sur le même poste.

Pas un mot non plus sur l’éligibilité des postes au télétravail, « grosse pierre d’achoppement » entre le patronat et les syndicats : les premiers estiment que ce thème doit relever de la responsabilité de l’employeur, quand les seconds veulent avoir leur mot à dire, à travers une négociation en vue d’accord collectif en entreprise. Rien non plus sur le caractère contraignant au niveau national de cet éventuel ANI, le document l’abordant sous l’angle des accords en entreprise ou de branches.