Debout la France : Nicolas Dupont-Aignan fait face à une fronde sur sa ligne politique

PRESIDENTIELLE 2022 Le porte-parole du parti, Jean-Philippe Tanguy, a annoncé dimanche son ralliement à Marine Le Pen

20 Minutes avec AFP
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Nicolas Dupont-Aignan, à l’Assemblée nationale le 3 novembre 2020.
Nicolas Dupont-Aignan, à l’Assemblée nationale le 3 novembre 2020. — Jacques Witt/SIPA

Les appareils politiques commencent à s’organiser pour la présidentielle de 2022. Et dans cette optique, le week-end a été difficile pour Debout la France (DLF). Le porte-parole du parti, Jean-Philippe Tanguy, a annoncé dimanche son ralliement à Marine Le Pen en critiquant la stratégie de Nicolas Dupont-Aignan. La démarche a été saluée par un autre cadre du mouvement, mais relativisée par le patron du parti souverainiste.

« Debout la France dans une impasse »

Selon Jean-Philippe Tanguy dans un entretien au Figaro, Nicolas Dupont-Aignan « mène Debout la France dans une impasse ». Ce cadre estime que le président de DLF a trahi l'« immense espoir » né de son ralliement à Marine Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2017. Pour lui, la présidente du Rassemblement national (RN), qui « sera au second tour » en 2022, est « la candidate naturelle pour faire gagner nos idées ». « Depuis l’accord présidentiel de 2017 que j’avais coécrit, DLF et le RN sont d’accord sur tous les enjeux fondamentaux. Nos rares différences sont autant d’enrichissements mutuels. J’appelle Nicolas Dupont-Aignan à renouer avec sa ligne de rassemblement des patriotes », a-t-il encore demandé.

« C’est son choix », a évacué Nicolas Dupont-Aignan sur LCI. « Notre parti est indépendant. J’ai soutenu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle car je ne voulais pas d’Emmanuel Macron mais j’ai toujours pensé que le duel Macron-Le Pen est une tragédie pour le pays », a-t-il ajouté en soulignant que cette ligne était celle du bureau national du parti. « Un de perdu, dix de retrouvés », a finalement balayé le fondateur de DLF, candidat à la présidentielle de 2022. « S’il y en a qui veulent faire carrière, qu’ils aillent faire carrière ailleurs », a-t-il cinglé. « Je suis convaincu qu’on gagnera demain s’il y a une vaste primaire (…) qui permettrait que les Français, les patriotes, les républicains qui veulent en finir avec Emmanuel Macron mais qui ne veulent pas la chienlit de la gauche puissent choisir leur candidat », a-t-il exposé, citant son nom, celui de Marine Le Pen ou celui du chef de file des sénateurs LR au Sénat Bruno Retailleau comme choix possibles.

Mais, problème pour Nicolas Dupont-Aignan, le parti n’est pas à l’unisson pour défendre sa vision. Sur Twitter, le directeur de la communication du parti souverainiste et président de son organisation de jeunesse, Alexandre Loubet a déclaré soutenir l’initiative de Jean-Philippe Tanguy. « Ni Jean-Philippe ni moi n’avons démissionné de DLF, nous soutenons Marine Le Pen qui est la plus à même de rassembler car nous restons fidèles à la ligne décidée en 2017 qui consistait à unir les patriotes », a-t-il également affirmé à l’AFP. « Nous n’en pouvons plus des incohérences. On ne peut prétendre unir les patriotes sans s’allier à Marine Le Pen », a-t-il ajouté. La campagne présidentielle est bien ouverte.