Coronavirus : Ce qu’il faut retenir de l’audition de Jean Castex devant la commission d’enquête

AUDITION Commerces, déconfinement, mea culpa... Le Premier ministre Jean Castex était auditionné par la Commission d'enquête de l'Assemblée sur la gestion de la crise liée au coronavirus

T.L.G.
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Jean Castex
Jean Castex — Ludovic MARIN / POOL / AFP
  • Jean Castex était auditionné par la Commission d’enquête de l’Assemblée sur la gestion de la crise liée au coronavirus ce mardi soir.
  • Le Premier ministre a ouvert la porte à une réouverture des petits commerces le 1er décembre si la situation sanitaire le permettait.
  • « Peut-être effectivement que nous avons déconfiné un peu trop », lors du premier déconfinement, a reconnu le chef du gouvernement.

Il est arrivé devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale masqué, avec « humilité et souci d’efficacité ». Jean Castex était auditionné ce mardi soir par la mission d’information sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de coronavirus. Réouverture des commerces, lits de réanimation, déconfinement… Pendant plus de deux heures, le Premier ministre a répondu aux interrogations des députés sur la gestion de la crise sanitaire.

Quand les petits commerces pourront-ils rouvrir ?

« Je sais leur importance dans la vie sociale donc c’est extrêmement difficile de prendre ces mesures » de fermeture des petits commerces, a tenu à rappeler d’emblée Jean Castex. Le Premier ministre a évoqué la date du 1er décembre pour une éventuelle réouverture, tout en restant prudent.

« Si les indicateurs épidémiologiques suivent la tendance, alors à cette échéance autour du 1er décembre, avec des protocoles améliorés (…) on pourra effectivement envisager de rouvrir les commerces qui ne sont pas de première nécessité », a-t-il déclaré. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait indiqué dans la journée qu’une décision serait prise « la semaine prochaine » sur cette question.

Des mesures de restriction « perdureront » après le confinement

Plus globalement, Jean Castex a prévenu que le futur déconfinement se ferait de manière graduelle. « Mieux la phase actuelle de confinement produira ses effets, plus vite nous pourrons passer à une phase suivante, mais qui ne sera pas un retour à l’ante confinement », a affirmé le Premier ministre. « C’est-à-dire qu’il y aura des dispositions de freinage qui perdureront », évoquant notamment les établissements recevant du public.

« L’idée est que nous gérions plus dans la durée », a-t-il ajouté, plaidant pour « éviter le stop and go », c’est-à-dire l’alternance de périodes de confinement et de déconfinement. Cette nouvelle phase, a poursuivi Jean Castex, sera marquée par un accroissement de « la politique de tests, ce qui sera rendu possible par l’arrivée de la nouvelle génération de tests antigéniques ».

« Peut-être effectivement que nous avons déconfiné un peu trop »

L’ancien Monsieur déconfinement du gouvernement a fait un début de mea culpa sur la sortie de quarantaine l’été dernier. « Peut-être effectivement que nous avons déconfiné un peu trop. Peut-être aussi que le peuple français a cru que cette épidémie était derrière nous, et que les gestes barrières n’ont pas été respectés avec suffisamment de zèle ».



Il a toutefois balayé les critiques sur l’impréparation du gouvernement face à la nouvelle hausse de l’épidémie. « L’idée qu’une deuxième vague pouvait se produire était connue de tout le monde et le risque d’un reconfinement, dans lequel nous nous trouvons, était prévue, anticipé […] Lorsque j’étais chargé du déconfinement, j’indiquais que cette situation pouvait se produire », a-t-il indiqué. Le Premier ministre a pris soin de rappeler que « les discours scientifiques n’ont jamais été particulièrement unanimes et convergents [et] n’éclairent pas nécessairement les pouvoirs publics » sur l’évolution de l’épidémie.

Retour sur la capacité en réanimation

C’est l’une des polémiques qui agitent le débat politique depuis le mois de mars. Le chef du gouvernement a fait le point sur les capacités des lits en réanimation. « Quand cette crise survient dans notre pays, il y a en France 5.000 lits de réanimation armés et installés », dit-il. « Nous étions prêts pour 10 000 lits de réanimation pour la première vague, vous savez qu’on ne les a pas atteints. On est à nouveau prêts pour 10 000 pour cette vague et j’espère bien sûr que nous ne les atteindrons pas. »

Mais le chef du gouvernement a aussi évoqué les difficultés liées à cette adaptation, notamment concernant le personnel. « Il n’a jamais été question, en un mois, deux ou six, d’augmenter le nombre d’infirmiers spécialisés ou de médecins anesthésistes réanimateurs. Aucun pays ne l’a fait, c’est impossible ».