Confinement : Laurent Berger doute du bien-fondé du chômage partiel dans certaines grandes surfaces

DISPOSITIF Dimanche, la ministre du Travail, Élisabeth Borne, a rappelé que le secteur de la grande distribution avait bien droit au chômage partiel, puisqu’il est confronté à l'« arrêt » d’une partie de ses activités

20 Minutes avec AFP

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Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée, le 24 juin 2020.
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger à l'Elysée, le 24 juin 2020. — Jacques Witt / Sipa

Le leader de la CFDT, Laurent Berger, s’est étonné, ce lundi matin, du recours massif au chômage partiel dans la grande distribution, même les magasins de proximité, dont les ventes sont pourtant peu impactées par le confinement, estimant qu’il s’agissait d’une dépense publique « dont on aurait pu s’exonérer ».

Interrogé sur France Inter, le leader de la CFDT a estimé que le recours au chômage partiel dans le secteur de la grande distribution, qui a « sans doute une grande perte de chiffre d’affaires » pour avoir dû fermer ses rayons « non essentiels » dans le cadre des mesures sanitaires, était légal. En revanche, il est plus étonnant que certains salariés aient été placés en chômage partiel « y compris sur les rayons essentiels », a relevé le secrétaire général de la CFDT.

« Des économies substantielles sur le dos des contribuables »

« Je dis attention, il y avait peut-être moyen, en tout cas sur certains magasins, de faire autrement », a-t-il poursuivi. Ces mesures ont « un coût pour les finances publiques » et sont « l’illustration d’une dépense dont on aurait pu s’exonérer », pour éviter à l’avenir un effet « boomerang » qui verrait par exemple le gouvernement imposer des restrictions sur l’assurance chômage pour faire des économies, a-t-il mis en garde.

La CGT des hypermarchés Carrefour s’était insurgée vendredi contre le recours au chômage partiel dans les magasins du groupe, estimant que la direction voulait « profiter de l’aubaine financière pour réaliser des économies substantielles sur le dos des contribuables ».

Les demandes du secteur scrutées à la loupe

Pour sa part, la ministre du Travail Élisabeth Borne a rappelé dimanche que le secteur avait bien droit à ce dispositif, puisqu’il est confronté à l'« arrêt » d’une partie de ses activités, et qu’elle préférait « que les salariés soient en activité partielle plutôt que licenciés ».

Pour autant, a souligné la ministre, le gouvernement « vérifiera que les demandes présentées sont justifiées », de manière à ce que la grande distribution obtienne « ce qui est légitime, et pas plus ».