Vote par correspondance : Le sujet ne fait pas du tout consensus au sein de l’exécutif et de la majorité

DEBAT Gérald Darmanin s’est redit opposé à cette mesure, tandis que l’Elysée indique qu’Emmanuel Macron « n’est pas fermé à cette option »

20 Minutes avec AFP

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Un isoloir (illustration).
Un isoloir (illustration). — C. Allain / 20 Minutes

La question de la réintroduction du vote par correspondance en France ne fait pas du tout consensus. Au sein même de l’exécutif, et plus largement dans la majorité présidentielle, les avis divergent nettement. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a ainsi répété samedi y être « opposé ». A l’inverse, le député et porte-parole LREM Roland Lescure s’est dit pour et demande un « débat », tout comme le MoDem. Surtout, le Journal du Dimanche indique qu’Emmanuel Macron « n’est pas fermé à cette option », selon l’Élysée.

Darmanin veut « la préservation du libre arbitre »

Ce sont les élus du MoDem qui ont relancé la discussion dans la majorité, en vue des régionales et départementales de 2021. Le parti centriste souligne l’utilité de ce mode de vote par temps de Covid-19 et prend en exemple la « participation historique » à la présidentielle aux Etats-Unis, où les électeurs ont pu voter par courrier. Mais, dans un entretien publié sur le site du Parisien samedi soir, Gérald Darmanin répète y être hostile. « Tant qu’on n’aura pas démontré que ce mode de vote permet l’absolue décision individuelle, sans pression communautaire ou de la part de la famille, je serai opposé à cette disposition », souligne-t-il. « Il en va de la préservation du libre arbitre de chacun, longue tradition électorale de notre pays depuis l’invention de l’isoloir », insiste le ministre.

Le débat est toutefois loin d’être fermé. Dans un entretien accordé au JDD, Roland Lescure se dit « favorable » au vote par correspondance et demande « d’en débattre » au sein du mouvement présidentiel. « J’ai vu l’impact très positif du vote par correspondance aux Etats-Unis : sans ce dispositif, il n’y aurait qu’une participation de 38 % ; avec, on passe à 67 % ! », insiste le parlementaire, élu des Français de l’étranger dans la circonscription d’Amérique du Nord. « Il faut se saisir de ce débat afin de faire des propositions au gouvernement, peut-être avec nos partenaires de la majorité. Nous lancerons le travail dans les jours qui viennent », promet-il.

Une pratique disparue en 1975

En tant que député des Français de l’étranger, Roland Lescure a lui-même en partie été élu par des votes à distance. Au niveau national, cette pratique postale a disparu fin 1975, jugée à l’époque propice à de « graves fraudes ».