Nicolas Sarkozy aux syndicats: «Les voeux, c'est l'occasion de se dire des choses»

SOCIAL Le Président a poursuivi sa tournée de voeux ce mardi...

Catherine Fournier

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Les voeux de Nicolas Sarkozy aux partenaires sociaux, à 10 jours d'une journée nationale de mobilisation des syndicats, seront au centre d'une semaine sociale marquée aussi par la décision de la CFE-CGC de se joindre ou non à la CFDT pour signer l'accord sur l'assurance chômage.
Les voeux de Nicolas Sarkozy aux partenaires sociaux, à 10 jours d'une journée nationale de mobilisation des syndicats, seront au centre d'une semaine sociale marquée aussi par la décision de la CFE-CGC de se joindre ou non à la CFDT pour signer l'accord sur l'assurance chômage. — Eric Feferberg AFP/Archives

Le rendez-vous était délicat. Nicolas Sarkozy a présenté ses voeux aux «forces vives» de la nation ce lundi, autrement dit aux partenaires sociaux. Alors que ces derniers vont devoir négocier avec un nouveau ministre des Affaires sociales, Brice Hortefeux, le Président a commencé par leur assurer que «la France avait besoin du dialogue». Au cas où ils en douteraient. Et qu'il y allait avoir du boulot. Car, comme il le répète à chaque occasion, il n'y aura pas de pause dans les réformes, crise oblige.

Nicolas Sarkozy est revenu sur les grands chantiers qui ont fait l'objet de négociations en 2008: la représentativité syndicale, la formation professionnelle et surtout l'assurance-chômage. Le chef de l'Etat a estimé qu'il était «essentiel» que le projet d'accord soit «mis en place».

Efforts du gouvernement en matière de protection sociale

Le texte, issu d'une négociation entre syndicats et patronat en décembre dernier, améliore la prise en charge des salariés précaires aux dépens de ceux ayant travaillé plus longtemps. Mardi, la CFE-CGC annoncera si elle signe ou pas l'accord. Si elle ne paraphait pas ce texte issu d'une négociation entre syndicats et patronat, la CFDT se retrouverait le seul syndicat signataire.

Le Président a également insisté sur les efforts du gouvernement en matière de protection sociale. «17 milliards d'euros supplémentaires seront consacrés en 2009 à notre politique de sécurité sociale», s'est-il félicité. Et Nicolas Sarkozy d'égrener les réformes à venir: celle de l'hôpital, celle du logement - le Président a eu un mot pour sa «chère Christine Boutin» dont l'examen du projet de loi a été maintes fois repoussé - et la refondation du capitalisme, au programme du G20 à Londres début avril.

«Les voeux, c'est l'occasion de se dire des choses»

Nicolas Sarkozy a ainsi soulevé le problème de la rémunération des dirigeants. Avec une rhétorique bien à lui: «Quand ça marche bien, que les résultats sont bons, même si des hommes et des femmes gagnent beaucoup d'argent, je m'en réjouis. Après tout, tout le monde n'a pas la même note, tout le monde n'a pas les mêmes diplômes... Mais quand ça va mal, c'est pas possible que ça se passe comme quand ça va bien parce que ça choque les gens.» C'est pourquoi les entreprises devront mettre en oeuvre les recommandations de l'Autorité des marchés financiers en la matière, sinon le gouvernement légiférera, a-t-il menacé.

Feignant de s'excuser d'être long, Nicolas Sarkozy se justifie: «Les voeux, c'est l'occasion de se dire des choses». Même si là, il s'agit plutôt d'un dialogue à sens unique. «La France n'est pas le pays le plus simple à gouverner du monde», confie-t-il ainsi devant un parterre de syndicats. Une allusion aux grèves de ces derniers temps, notamment dans l'éducation ou à la SNCF? Et le Président de se comparer de nouveau à un capitaine de navire, qui doit tenir la barre. Ferme.