Le gouvernement va dissoudre les Loups Gris, mouvement ultra-nationaliste turc

SEPARATISME Ce mouvement ultra-nationaliste s’en prenait de plus en plus à la communauté arménienne en France

J.-L.D. avec AFP

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Manifestation en Turquie contre la France
Manifestation en Turquie contre la France — /AP/SIPA

Le gouvernement va prononcer mercredi la dissolution du mouvement ultra-nationaliste turc des Loups Gris en Conseil des ministres, a annoncé ce lundi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.

Il s’agit d'« un groupement de fait particulièrement agressif pour ne pas dire plus », a assuré Gérald Darmanin, dont l’annonce intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre France et Turquie autour du traitement des musulmans en France. Le groupuscule des Loups Gris a été notamment pointé du doigt après des incidents ayant opposé la semaine dernière communautés turque et arménienne à Décines-Charpieu, près de Lyon.

Le mémorial arménien tagué

Mercredi soir, des forces de l’ordre étaient intervenues dans cette ville, haut lieu de la diaspora arménienne, pour empêcher 250 membres de la communauté turque – verbalisés finalement pour non-respect du couvre-feu – d’en « découdre » avec les Arméniens. Le même jour, dans la matinée, une rixe avait opposé ces deux communautés sur l’autoroute A7, au niveau du péage de Vienne, faisant quatre blessés, dont un grave.

Une inscription « Loups Gris » a par ailleurs été taguée sur le mémorial du génocide et le Centre national de la mémoire arménienne près de Lyon, profanés dans la nuit de samedi à dimanche.

La dissolution du CCIF elle aussi bientôt examinée

Ce groupe ultranationaliste, dont le signe de ralliement est un pouce joint au majeur et à l’annulaire, est réputé proche du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s’est récemment interrogé sur « la santé mentale » d’Emmanuel Macron.

Lors de son audition à l’Assemblée, Gérald Darmanin a également indiqué que la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), annoncée dans la foulée de l’assassinat de Samuel Paty le 16 octobre, serait examinée « dans 15 jours ».