Coronavirus : Pour Jean-Luc Mélenchon la gestion de la pandémie dérive vers une « monarchie présidentielle macroniste »

CRITIQUES Le leader de la France insoumise déplore l’utilisation des Conseils de défense pour les prises de décisions pour lutter contre le Covid-19

20 Minutes avec AFP
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Jean-Luc Mélenchon, à Paris le 10 octobre 2020.
Jean-Luc Mélenchon, à Paris le 10 octobre 2020. — CEDRIC BUFKENS/SIPA

L’unité nationale face au coronavirus n’est plus à l’ordre du jour. Jean-Luc Mélenchon fustige en effet, dans une tribune dans le Journal du Dimanche, « les dérives » de la « monarchie présidentielle macroniste ». Le chef des Insoumis déplore notamment que les décisions sur la crise du Covid-19 soient souvent prises dans les très restreints « Conseils de défense ».

Selon le député LFI, « le parlement n’a jamais été un lieu de décision en macronie », même si des débats y ont été organisés cette semaine et des textes votés au parlement sur le reconfinement annoncé mercredi par Emmanuel Macron. Jeudi, le vote au parlement était, selon lui, destiné à « approuver le nouveau plan de confinement du pays » mais « il n’était pas question de l’amender, ou de le discuter de quelque façon que ce soit ».

« Un Conseil des ministres bis »

Jean-Luc Mélenchon regrette que la décision de restreindre les libertés de tout le pays ait été prise en « Conseil de défense », une instance créée par une ordonnance de 1959 « pour les décisions de stratégie militaire », souligne-t-il. Or, estime-t-il, si les prédécesseurs d’Emmanuel Macron l’ont peu utilisé, l’actuel chef de l’Etat l’a convoqué « 40 fois depuis le début de l’année 2020 ». Une façon, selon le député, de créer « un Conseil des ministres bis » plus restreint, une sorte « de Conseil opérationnel » qui permet au chef de l’Etat de piocher au sein du Conseil des ministres « qui il veut ».

« Le rêve pour la volonté de toute-puissance typique de la monarchie présidentielle macroniste », juge Jean-Luc Mélenchon qui souligne que « tout ce qui se dit est couvert par le secret-défense », sans « compte rendu de ses réunions ». Et d’insister : « En démocratie, la délibération n’est pas un signe de faiblesse, ou un embêtement. C’est une garantie pour prendre la meilleure décision possible. Et la condition nécessaire pour créer du consentement à l’ordre ».