Confinement : L’opposition fustige « l’échec » de Macron mais appelle au respect du reconfinement

EPIDEMIE Emmanuel Macron a annoncé un reconfinement mercredi soir lors d’une allocution télévisée, face à la hausse brutale des contaminations au Covid-19

20 Minutes avec AFP

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Christian Jacob, le 27 octobre 2020 à Paris.
Christian Jacob, le 27 octobre 2020 à Paris. — Ludovic MARIN / AFP

« Pilotage incohérent », « échec cinglant »… Les partis d’oppositions ont vivement réagi après l’annonce d’un reconfinement mercredi soir par Emmanuel Macron, alors qu’un débat doit se tenir ce jeudi au Parlement. Ils appellent toutefois au respect de cette nouvelle mesure.

Les Républicains aussi ont dénoncé un « échec cinglant » de la gestion de la crise par Emmanuel Macron, à l’instar de Bruno Retailleau, président des sénateurs Les Républicains. Le président a pris « des mesures sous la contrainte, en prenant en compte très partiellement une partie des conséquences désastreuses sur le plan économique du confinement du printemps. Sur le plan de la santé il a tenté de justifier l’injustifiable car rien n’a été fait pendant huit mois », a affirmé à l’AFP Christian Jacob, président de LR.

Des décisions « dures à surmonter »

« Voter jeudi ? Cet exercice ne rime à rien. On va voter sur quoi ? Le parlement est fait pour légiférer, pas pour émettre un avis sur la prestation télévisée d’un président de la république », a-t-il tranché, en référence aux débats suivis de votes prévus à l’Assemblée et au Sénat. Pour Damien Abad, président des députés LR, « ce reconfinement, c’est l’échec du déconfinement qui n’a pas été réalisé sous protection comme nous l’avions proposé ».

« Emmanuel Macron confine les Français chez eux mais laisse nos frontières ouvertes au sein de l’Union européenne… Incompréhensible ! », s’est exclamé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France. « Nous respecterons bien sûr les consignes », a affirmé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen. Mais « la gestion erratique de la crise et l’absence d’anticipation de cette deuxième vague sont la raison de décisions qui seront très dures à surmonter pour beaucoup de nos compatriotes et de nos entreprises », a-t-elle mis en garde.

« Que reste-t-il de nos vies ? »

A gauche, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a affirmé à l’AFP appeler à « une rigueur absolue pour respecter le confinement ». Et « je voterai demain [jeudi] les mesures proposées ». « Mais c’est un "oui" de colère ! Ce qui est demandé aujourd’hui aurait dû être fait il y a plusieurs semaines », a-t-il ajouté, en regrettant les « incertitudes » qui demeurent, notamment sur le télétravail. « Qui décide qui est en télétravail ? ». « Il va falloir lever ces incertitudes très rapidement ».

En des termes cinglants, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a dénoncé sur Twitter « l’échec » du déconfinement de l’été. « L’épidémie est hors de contrôle. Le président aussi. Aucune leçon tirée. Tous les foyers de contamination restent ouverts. Mais que reste-t-il de nos vies ? Nous respecterons la discipline sanitaire. Mais sans cautionner ce pilotage incohérent. » « Pas d’autre choix que de confiner… Terrible réalité pour notre pays, face à ce virus mortel. Mais aussi parce que notre système de santé est exsangue », a également tweeté Fabien Roussel, patron du PCF.

Les écologistes pointent un « retard » dans la décision

Les écologistes déplorent aussi un « défaut d’anticipation de cette deuxième vague », comme Julien Bayou, patron d’EELV, sur FranceInfo. « Nous appelons les citoyennes et les citoyens au civisme et à respecter le nouveau confinement annoncé ce soir par le président de la République » même si « nous regrettons que l’alerte du conseil scientifique du 22 septembre qui annonçait clairement les risques liés à un retard de décision face à la deuxième vague de la pandémie n’ait pas été prise en considération plus tôt […]. Mais il y a un temps pour tout. L’heure n’est pas à aux polémiques », a affirmé Delphine Batho, président de Génération écologie, dans un communiqué.

En termes plus conciliants, Yannick Jadot, député européen EELV, a affirmé que « notre pays [devait] faire face à une nouvelle épreuve que la protection de notre santé exige ». Il a appelé « le Président et le gouvernement à redoubler d’effort pour soutenir les plus vulnérables d’entre nous, dans la population comme dans les entreprises et les commerces ».

Stanislas Guérini, patron du parti présidentiel La République en Marche, a lui, sans surprise, estimé sur Twitter que le nouveau confinement est « une décision difficile à prendre mais nous sommes une nation unie et solidaire. Nous y arriverons, ensemble ».